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Soudan : l’Union africaine dénonce des crimes de guerre présumés à El-Facher

par Jocelyne Bosson

L’Union africaine (UA) a condamné avec fermeté les violences commises à El-Facher, dans la région du Darfour, qualifiant ces actes de « crimes de guerre présumés » et d’« atrocités » visant directement des civils. Cette déclaration fait suite à la prise de la ville, dernier bastion de l’armée soudanaise dans l’ouest du pays, par les Forces de soutien rapide (FSR) après dix-huit mois de siège. La chute d’El-Facher marque un tournant majeur dans le conflit soudanais, aggravant la crise humanitaire déjà dramatique dans la région.

Dans un communiqué officiel publié lundi 27 octobre, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, a dénoncé de graves violations du droit international humanitaire et des droits humains fondamentaux, évoquant des exécutions ciblées en raison de l’appartenance ethnique des victimes. Il a exigé que les auteurs de ces crimes soient traduits en justice, tout en appelant à une trêve immédiate, à la mise en place de couloirs humanitaires et à la reprise du dialogue sous médiation africaine. Cette position traduit la volonté de l’organisation continentale de réaffirmer son rôle dans la prévention et la résolution des crises armées en Afrique.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé à son tour une vive inquiétude face au risque croissant d’atrocités à caractère ethnique. Selon son bureau, les FSR seraient responsables d’exécutions sommaires, de pillages et d’autres exactions massives, dans un contexte d’effondrement total de l’autorité de l’État soudanais. Ces rapports corroborent les préoccupations de l’UA quant à la dérive du conflit vers une guerre ethnique généralisée, menaçant davantage la stabilité de la région du Darfour.

Ravagée par des mois de combats, El-Facher n’est plus qu’un champ de ruines, selon les évaluations de l’ONU. Plus d’un million d’habitants ont fui la ville, tandis que près de 260 000 personnes, dont la moitié sont des enfants, y demeurent piégées dans une situation humanitaire critique, marquée par une pénurie aiguë de nourriture, d’eau et de soins médicaux. Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhane, a confirmé le retrait de ses troupes tout en promettant de reprendre le combat pour, selon ses termes, « purifier la terre du Soudan », une rhétorique qui fait craindre une escalade supplémentaire dans un conflit déjà marqué par des violences de masse.

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