Le ministre des Ressources animales et Halieutiques, Sidi Tiémoko Touré a esquissé la stratégie nationale pour parer à des risques majeurs de pénurie, de pression politique et d’instabilité régionale de ressources animales et halieutiqus. Devant la Chambre de commerce américaine en Côte d’Ivoire (AmCham-CI), le 24 septembre, il a soutenu que la Côte d’Ivoire possède 11 millions d’hectares de terres propices à l’élevage.
Selon lui, malgré ses 2,8 millions d’emplois liés au secteur, le pays ne parvient à satisfaire que 49% de ses besoins en viande, 15% en lait et 12% en produits halieutiques, entraînant une facture d’importation annuelle de 782 milliards de francs CFA. Cette forte dépendance expose l’économie aux aléas de ses fournisseurs traditionnels, notamment les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
La vulnérabilité est tout aussi marquée dans le domaine de la pêche. Bien qu’Abidjan s’impose comme le premier port thonier ouest-africain et positionne la Côte d’Ivoire au rang de premier exportateur mondial de thon en conserve vers l’Union européenne, le pays doit encore importer 728 000 tonnes de poisson, rendant la pérennité de son hub totalement dépendante de ses corridors maritimes et terrestres.
Face à ces défis, le renforcement des partenariats régionaux s’avère indispensable, à l’image de l’accord scellé avec la Mauritanie — dotée de 2,3 millions de bovins et 14,6 millions d’ovins — pour sécuriser l’approvisionnement, notamment lors de la Tabaski. Toutefois, la fragilité géopolitique de ce partenaire face au Mali rappelle la nécessité absolue pour Abidjan de consolider son autonomie productive interne.
