Accueil » GEF 2025 : L’efficacité énergétique et les renouvelables au cœur de la réduction de la dette énergétique du Ghana

GEF 2025 : L’efficacité énergétique et les renouvelables au cœur de la réduction de la dette énergétique du Ghana

par Jocelyne Bosson

Le Forum économique ghanéen (GEF) 2025 a mis en lumière la dette croissante du secteur énergétique, estimée à 3,1 milliards de dollars américains, comme l’un des principaux freins à la stabilité macroéconomique du pays. Selon les experts, cette dette – due en grande partie aux producteurs indépendants d’électricité (PIE) – reflète les défaillances systémiques et le manque de planification qui caractérisent la gestion du secteur depuis plusieurs années. Le Dr Ishmael Ackah, conseiller technique au ministère de l’Énergie et de la Transition écologique, a rappelé que l’absence d’exécution du plan énergétique national de 2006 a conduit à des achats d’électricité non planifiés et coûteux, aggravant le déficit structurel et provoquant un endettement récurrent.

Les intervenants ont souligné que la mauvaise gouvernance, la surfacturation des contrats énergétiques et les inefficacités dans la distribution privent l’État de ressources essentielles. Selon le Dr Ackah, certaines pratiques, comme la signature de contrats solaires à des tarifs deux fois supérieurs à ceux obtenus lors d’appels d’offres concurrentiels, témoignent d’un gaspillage budgétaire chronique. Ces déséquilibres pèsent lourdement sur les finances publiques, au point que le service de la dette énergétique dépasse désormais les investissements annuels dans les infrastructures. Le directeur exécutif du Centre africain pour la politique énergétique (ACEP), Benjamin Boakye, a d’ailleurs qualifié cette dette d’« albatros » pour l’économie nationale, insistant sur la nécessité de libérer le ministère des Finances de ce fardeau afin de réorienter les dépenses vers les routes, l’éducation et la santé.

Face à cette impasse, les experts du GEF ont préconisé une approche structurelle fondée sur la transparence, la diversification énergétique et la performance. Ils appellent à la mise en place d’indicateurs de performance (ICP) pour les entreprises publiques du secteur, assortis de sanctions en cas de contre-performance, ainsi qu’à un approvisionnement concurrentiel pour les futurs contrats d’énergie. Le gouvernement a déjà amorcé une renégociation des accords avec les PIE, permettant une réduction de 261 millions de dollars de dettes et une amélioration du recouvrement des recettes par la Compagnie d’électricité du Ghana (ECG), passée de 800 millions à 1,5 milliard de GH¢ mensuels. Néanmoins, ces efforts demeurent insuffisants face aux inefficacités persistantes et aux subventions non budgétisées qui ont coûté près de 190 millions de dollars en 2021.

Pour construire un secteur durable et compétitif, les intervenants ont insisté sur la priorité à accorder aux énergies renouvelables et au nucléaire, perçus comme des leviers économiques et technologiques. Le Dr Nii Kwashie Allotey d’ESPco Nuclear a soutenu que les énergies vertes peuvent désormais être produites à des coûts inférieurs à 0,10 dollar le kilowattheure, offrant une alternative crédible au modèle thermique coûteux. De son côté, Kwaku Wiafe de la Volta River Authority a plaidé pour que le nucléaire soit reconnu comme un pilier stratégique de transformation nationale, complémentaire de l’hydroélectrique et du gaz. Tous s’accordent à dire que seule une volonté politique forte, combinée à une gestion rigoureuse et à un mix énergétique équilibré, permettra au Ghana de réduire sa dette énergétique et de poser les bases d’une économie plus résiliente et industrialisée.

Articles en rapport

Laissez un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire Plus

Politique de confidentialité et de cookies
error: Le contenu est protégé !!