Au terme de l’exercice 2025, la Banque du Ghana (BoG) a révélé que ses fonds propres négatifs se sont creusés pour atteindre 6,48 milliards de dollars (93 milliards de GHS). Selon l’institution, ses fonds propres négatifs se sont creusés pour atteindre 6,48 milliards de dollars (93 milliards de GHS). Cette détérioration est principalement imputable aux répercussions du programme d’échange de la dette intérieure (DDEP) et au coût des opérations de politique monétaire menées entre 2024 et 2025. En dépit d’une perte d’exploitation de 1,08 milliard de dollars (15,6 milliards de GHS) enregistrée sur l’année écoulée, la Banque centrale affirme maintenir sa capacité opérationnelle pour remplir son mandat de régulation monétaire.
Malgré ces indicateurs comptables critiques, les perspectives macroéconomiques du pays pour la période 2026-2030 s’orientent vers une phase de stabilisation. La BoG anticipe une croissance soutenue du Produit Intérieur Brut (PIB) réel, soutenue par un secteur extérieur consolidé. Ce cycle devrait être marqué par une réduction progressive du niveau général des prix grâce à un processus de désinflation prolongé. Toutefois, le basculement vers une politique monétaire plus accommodante pourrait influencer la structure des revenus de la Banque, nécessitant une surveillance accrue des marges d’intermédiation.
Face à l’érosion du capital, le gouvernement ghanéen a formellement reconnu son obligation d’intervenir pour restaurer l’assise financière de l’institut d’émission. Conformément à la loi de 2002 sur la Banque du Ghana (loi n° 612) et ses amendements successifs, un accord a été scellé entre la Banque et le ministère des Finances. Ce protocole prévoit la mise en œuvre d’un programme de recapitalisation progressive, visant à apurer les pertes accumulées et à repositionner les fonds propres en territoire positif pour garantir la crédibilité de l’institution à long terme.
L’aboutissement de cette stratégie de refinancement est crucial pour la stabilité du secteur financier ghanéen. En stabilisant son bilan de 6,48 milliards de dollars, la BoG cherche à rassurer les marchés internationaux et les partenaires multilatéraux sur sa solvabilité. La réussite de ce plan dépendra de la synergie entre la discipline budgétaire de l’État et l’efficacité des réformes structurelles. À mesure que l’inflation reflue, la banque centrale espère transformer sa situation actuelle de déficit en un levier de croissance, consolidant ainsi la souveraineté économique du Ghana face aux chocs exogènes.
