L’Africa Finance Corporation (AFC) amorce une nouvelle trajectoire pour l’avenir technologique du continent en approuvant un investissement stratégique de 100 millions de dollars dédié aux fonds technologiques spécialisés sur l’Afrique. Cette initiative répond à un besoin structurel urgent : combler le manque de capitaux institutionnels de long terme qui freine actuellement l’essor des entreprises innovantes. Alors que l’économie numérique africaine affiche un potentiel immense, capable de contribuer à hauteur de 700 milliards de dollars au PIB continental d’ici 2050, cet apport de capitaux catalytiques vise à dynamiser l’écosystème tout en renforçant la souveraineté financière du continent.
En misant sur des gestionnaires de fonds locaux, l’AFC cherche à réduire la dépendance aux financements internationaux et à structurer un marché où l’innovation a déjà fait ses preuves, comme en témoignent les neuf licornes africaines et les 3,8 milliards de dollars levés par les start-up en 2025. Pour Samaila Zubairu, PDG de l’AFC, il est impératif d’aligner l’offre technologique avec les besoins réels du marché. Il considère désormais les infrastructures numériques comme des piliers aussi fondamentaux que les ports, les routes ou l’énergie, indispensables pour soutenir la productivité, la logistique et le commerce transfrontalier.
La stratégie de déploiement de l’AFC couvre l’ensemble du cycle de vie entrepreneurial, de l’amorçage à la phase de croissance. Cette approche opérationnelle a déjà été concrétisée par des investissements dans le Lightrock Africa Fund II et le Future Africa Fund III. Ces partenariats permettent d’accompagner des champions technologiques tels que Moniepoint, Lula ou M-KOPA, tout en finançant des solutions concrètes dans des secteurs clés comme l’inclusion financière, l’éducation et la transformation numérique.
Ce programme ne constitue que le premier volet d’une ambition plus vaste, l’institution examinant actuellement d’autres fonds africains pour ses futurs financements. En soutenant les entrepreneurs locaux et en consolidant les infrastructures numériques et énergétiques, l’AFC entend créer un environnement propice à la jeunesse africaine. Comme le souligne Iyin Aboyeji, cofondateur de Future Africa, cet investissement est une condition sine qua non pour permettre à la nouvelle génération de transformer le continent en un acteur incontournable de l’économie mondiale.
