La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) franchit une étape majeure dans le soutien à l’industrie manufacturière du continent en accompagnant le projet d’expansion de Veenocks Limited, une filiale du groupe R28 Holdings basée à Sagamu, au Nigeria. D’un coût total estimé à 145 millions de dollars US, cette initiative stratégique vise la modernisation et le développement d’une usine de carreaux en porcelaine de classe internationale. Le soutien financier de la banque panafricaine repose sur un prêt à terme de premier rang de 81,9 millions de dollars US, précédé par l’octroi d’un mécanisme de préparation de projets (PPF) de 2 millions de dollars US destiné à garantir la bancabilité technique, environnementale et commerciale de l’opération.
Le succès de cette opération illustre la viabilité d’un modèle de financement innovant et renouvelable au service de l’intégration économique. Grâce aux études financées par le PPF, intégralement remboursé par la dette senior pour réinjecter du capital vers d’autres initiatives, Veenocks a pu étendre ses ambitions commerciales au-delà du marché nigérian pour cibler huit pays de la sous-région, dont le Bénin, le Togo, le Sénégal et le Cameroun. Mme Kanayo Awani, vice-présidente exécutive chargée du commerce intra-africain et du développement des exportations chez Afreximbank, a souligné cette dynamique : « Veenocks illustre la manière dont la préparation de projets, l’expertise commerciale et le financement par dette senior peuvent soutenir l’investissement industriel en Afrique. »
Sur le plan de l’appareil productif, cette extension marque un changement d’échelle décisif pour l’industrie nigériane des matériaux de construction. L’injection de capitaux permettra de tripler la capacité de production annuelle de l’usine, la faisant passer de 3,3 millions à 9,9 millions de mètres carrés de carreaux en grès cérame répondant aux normes de qualité européennes. Cette montée en puissance industrielle réduira directement la dépendance du pays vis-à-vis des importations tout en valorisant les matières premières locales et en renforçant la compétitivité du secteur manufacturier national face à la demande sous-régionale.
Au-delà de la performance industrielle, le projet générera un impact socio-économique substantiel en matière de création d’emplois et de transfert de compétences. Alors que le site actuel emploie déjà 200 personnes, l’agrandissement générera 300 emplois directs supplémentaires, accompagnés d’un volume important d’emplois indirects dans les filières de la logistique, de la fourniture de matières premières et de la distribution. En combinant densification du tissu industriel local et ouverture vers le marché sous-régional, l’initiative s’impose comme un moteur concret pour la création de valeur ajoutée en Afrique de l’Ouest.
