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IDE au 1er semestre 2026 : Quel impact pour l’Afrique face au repli des investissements durables ?

par Kamagaté Issouf

Alors que les flux mondiaux d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 37 % au premier semestre 2026 par rapport à la moyenne semestrielle de 2025 pour atteindre des sommets dans les pays développés, selon la CNUCED, le continent africain évolue dans un paysage financier mondial de plus en plus polarisé. À l’échelle globale, la valeur des fusions-acquisitions a bondi de 57 % sur les neuf premiers mois de l’année pour s’établir à 494 milliards de dollars (environ 301 340 milliards FCFA). Cependant, cette hausse tirée par de mégaprojets industriels masque une contraction de 23 % du nombre total de transactions, traduisant une grande sélectivité des investisseurs internationaux au détriment des marchés émergents.

Pour les économies en développement, dont les pays africains, les IDE ont affiché une hausse modérée de 8 % au premier semestre 2026 par rapport à 2025. Toutefois, l’indicateur crucial des annonces de nouveaux projets d’infrastructures et d’implantations industrielles (greenfield) s’est replié de plus d’un cinquième. De plus, les données provisoires de 2026 indiquent un recul de plus de 25 % des projets directement liés aux Objectifs de développement durable (ODD). Cette situation fragilise le financement de secteurs prioritaires pour le continent, tels que la santé, la sécurité alimentaire et la modernisation des réseaux de transport.

Le secteur stratégique de la transition énergétique sur le continent fait face à des contraintes financières accentuées. L’activité de financement des projets d’énergies renouvelables a chuté d’environ un tiers dans les pays en développement, alors que les économies développées n’ont enregistré qu’une baisse limitée à 4 %. Cette divergence s’explique par le coût élevé du capital et la persistance des incertitudes économiques mondiales. Par ailleurs, la capacité de soutien des partenaires financiers régionaux subit des contrecoups : les investissements extérieurs réalisés par les acteurs du Golfe dans le financement de projets ont été divisés par plus de deux au deuxième trimestre 2026 comparativement à 2025.

L’analyse des flux montre également une réorientation massive des capitaux vers les technologies de pointe au sein du monde industrialisé, réduisant la part captée par les infrastructures traditionnelles. À eux seuls, les secteurs liés à l’intelligence artificielle ont concentré plus de 40 % des investissements greenfield annoncés aux États-Unis. Bien que la valeur globale des fusions-acquisitions dans l’ensemble des pays en développement ait atteint 70 milliards de dollars (environ 42 700 milliards FCFA), les capitaux restent très concentrés, rendant l’accès aux liquidités plus compétitif pour les gouvernements et entreprises d’Afrique subsaharienne et du Nord.

Enfin, les tensions géopolitiques mondiales et en Asie occidentale — où les annonces de projets greenfield ont chuté de 52 % — perturbent directement les chaînes de valeur interconnectées avec l’Afrique. Ce contexte tendu pèse sur la chaîne d’approvisionnement globale et ralentit les investissements dans la logistique : à l’échelle mondiale, les projets dans les transports et le stockage ont diminué de 22 %, tandis que le secteur touristique reculait de 28 %. Face à ce durcissement de la conjoncture, l’Afrique fait face au défi de renforcer l’attractivité de ses cadres réglementaires pour capter des financements durables indispensables à sa croissance.

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