Le 29 octobre à Abidjan, lors du lancement du rapport de la Banque mondiale intitulé « L’éveil urbain de l’Afrique subsaharienne : catalyser la croissance économique et la création d’emplois », le Premier ministre ivoirien Beugré Mambé a appelé à opérer une véritable transformation de la gouvernance territoriale. Le chef du gouvernement souhaite que les villes africaines cessent d’être perçues comme de simples zones de concentration des besoins pour devenir de véritables moteurs de production, d’innovation, d’investissement et de création de richesses.
Cette prise de position s’inscrit dans un contexte mondial et continental marqué par une expansion urbaine sans précédent. À l’échelle globale, 56 % de la population vit désormais en milieu urbain, une proportion qui devrait frôler la totalité d’ici 2050. L’Afrique connaît une dynamique similaire : alors que son taux d’urbanisation n’était que de 14,3 % en 1950, il dépasse aujourd’hui les 45 % et franchira le cap des 50 % dès 2030.
La Côte d’Ivoire illustre parfaitement cette mutation structurelle en ayant déjà dépassé ce seuil critique. Selon l’Agence nationale de la statistique, cité par le chef du gouvernement, la population ivoirienne est estimée à 32,8 millions d’habitants en 2025, dont plus de 75 % (soit 17 843 850 habitants selon la Banque mondiale) résident en zone urbaine. Si cette démographie témoigne de la vitalité économique, elle engendre également une pression massive sur les infrastructures de transport, le logement, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’énergie.
Face à ces défis, le gouvernement ivoirien entend s’assurer que l’essor des métropoles s’accompagne d’une croissance inclusive, de la création d’emplois durables et d’une amélioration concrète du cadre de vie. La stratégie repose sur l’anticipation et le volontarisme à travers la réalisation de grands axes de communication structurants, afin d’accompagner l’étalement urbain plutôt que de le subir de façon désordonnée.
Enfin, la réponse au déficit d’infrastructures s’appuie sur une diversification des mécanismes d’accès au logement, combinant autoconstruction encadrée sur des terrains aménagés et déploiement de programmes sociaux abordables. L’ensemble de cette politique d’aménagement intègre désormais les principes de l’économie circulaire afin d’optimiser l’utilisation des ressources et d’inscrire le développement des villes dans la durée.
