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UEMOA : Bloomfield et InterGlobe analysent la complémentarité économique Côte-Sahel

par Paul De Kouamé

Les cabinets Bloomfield Intelligence et InterGlobe Conseils ont réuni les acteurs économiques le 27 octobre à Abidjan pour exposer leurs études comparatives sur les dynamiques régionales en Afrique de l’Ouest. L’état des lieux dressé par Bloomfield déconstruit la vision manichéenne opposant la réussite des pays littoraux à une supposée précarité des économies de l’hinterland. L’écart de création de richesse globale reste néanmoins significatif : pour un volume démographique comparable (78 millions de résidents sur la côte contre 79 millions dans le Sahel), les États maritimes génèrent 2,2 fois plus de PIB. Ce leadership économique est tiré par la Côte d’Ivoire, dont la production nationale atteint 57 452 milliards de FCFA (environ 94,8 milliards USD) en 2025, soutenue par l’attraction de 1 218 milliards de FCFA (environ 2,01 milliards USD) d’investissements directs étrangers (IDE).

Au niveau des finances publiques, la trajectoire des membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) témoigne d’une maîtrise budgétaire rigoureuse. Concernant la gestion de l’exercice 2025 au regard des critères de convergence de l’UEMOA, le Mali et le Burkina Faso contiennent leur déficit respectivement à -2,7 % et -2,9 %, là où le Togo (-3,6 %) et le Sénégal (-7,9 %) accusent une détérioration de leurs comptes. L’encours de la dette publique sahélienne demeure également à des niveaux modérés (42 % du PIB au Niger, 49 % au Mali et 53 % au Burkina Faso), s’éloignant très nettement du ratio de 123 % observé au Sénégal. Par ailleurs, la mobilisation des recettes fiscales hors dons au Burkina Faso atteint 20,3 % du PIB, s’alignant sur les standards enregistrés le long du littoral.

L’intégration des flux logistiques et commerciaux demeure une condition essentielle de la résilience globale de la zone. Confrontés aux contraintes de l’enclavement, les pays de l’AES s’appuient de manière prépondérante sur les façades maritimes du sud : Dakar capte plus de 60 % des importations du Mali, Lomé consacre 92 % de ses opérations de transit aux besoins du Sahel, et les volumes maliens transitant par le port d’Abidjan ont enregistré une hausse de 76,4 % en 2025. Cette articulation est réciproque, le Sahel offrant des débouchés structurels aux appareils productifs de la côte, comme en témoignent les 1 434 milliards de FCFA (environ 2,36 milliards USD) de marchandises ivoiriennes exportées vers le Mali et le Burkina Faso.

La synergie régionale s’exprime enfin à travers la consolidation du secteur financier communautaire. Sur les 82 300 milliards de FCFA (environ 135,8 milliards USD) d’actifs cumulés par le système bancaire de l’UEMOA, des institutions financières fondées dans l’espace sahélien continuent d’étendre leur maillage et d’irriguer le tissu économique des pays côtiers. L’analyse croisée d’Abidjan confirme que l’interdépendance commerciale, portuaire et bancaire constitue le véritable moteur de la stabilité économique régionale.

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