Le Conseil d’administration du Mécanisme de financement du Processus de Rome/Plan Mattei (RPFF) s’est réuni pour la première fois à Rabat, en marge de l’Africa Investment Forum. Cette rencontre inaugure la mise en œuvre opérationnelle de ce mécanisme approuvé en février 2025 par le Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement. À cette occasion, le Conseil a validé un plan de travail pour 2026 prévoyant près de 100 millions d’euros d’engagements, avec un effet catalyseur estimé à plus de 550 millions d’euros de cofinancements provenant des ressources ordinaires de la Banque. Les investissements ciblés visent à promouvoir une croissance inclusive, renforcer la résilience climatique, améliorer la prestation de services essentiels et s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière.
La rencontre a souligné le rôle crucial du RPFF dans la stratégie d’investissement de la Banque africaine de développement. Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte, a rappelé l’importance de ce mécanisme pour répondre aux défis multidimensionnels auxquels l’Afrique est confrontée. Doté d’une capitalisation initiale de 158 millions d’euros et soutenu par ses partenaires fondateurs — l’Italie et les Émirats arabes unis — le RPFF ambitionne de financer des projets stratégiques dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau, via des prêts concessionnels, des dons et une assistance technique. Cette dynamique s’inscrit dans la vision du Plan Mattei visant à renforcer les partenariats structurants avec les pays africains.
Les représentants des partenaires fondateurs ont réaffirmé leur engagement en faveur du mécanisme. Lorenzo Ortona, représentant de l’Italie au Conseil d’administration, a souligné que le RPFF constitue une pierre angulaire du Plan Mattei, en transformant des objectifs partagés en projets concrets capables de stimuler la croissance et d’améliorer la résilience climatique. De son côté, Sarah Jasim, représentante des Émirats arabes unis, a insisté sur l’importance de la coopération globale pour soutenir un développement durable. Elle a mis en avant l’ambition du plan de travail 2026, qui doit permettre aux pays africains de renforcer leurs infrastructures, de créer des opportunités et d’améliorer les conditions de vie.
Au cours de ses premiers mois d’activité, le RPFF a déjà approuvé deux projets emblématiques démontrant son impact immédiat. En Angola, une contribution concessionnelle de 17 millions d’euros a été allouée au Projet de développement des chaînes de valeur agricoles de la Province orientale, d’un montant total de 183 millions d’euros, destiné à renforcer la transformation agroalimentaire, la sécurité alimentaire et les opportunités économiques. En Éthiopie, un don de six millions d’euros finance le Programme d’aménagement hydraulique résilient de Borana II, visant à améliorer durablement l’accès à l’eau, à renforcer les bassins versants et à soutenir l’adaptation climatique des communautés pastorales, en accordant une attention particulière à la participation des femmes. Selon Daniel Schroth, directeur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Banque, le soutien des partenaires fondateurs permet au RPFF de devenir un catalyseur majeur du développement transformateur en Afrique.
