Le Ghana fait face à une augmentation massive de ses importations de produits pétroliers, qui ont bondi de 36,7 % pour atteindre 8,71 milliards de litres en 2025, contre 6,2 milliards de litres l’année précédente. Selon le rapport annuel de la Chambre des sociétés de commercialisation pétrolière (COMAC), s’appuyant sur les données de la Banque du Ghana, la facture liée à ces approvisionnements s’est élevée à 4,95 milliards de dollars, comparativement aux 4,63 milliards de dollars enregistrés en 2024. En volume massique, les importations de produits raffinés sont passées de 5,06 millions à 6,92 millions de tonnes métriques sur la même période.
Cette dynamique d’approvisionnement étranger pèse lourdement sur la balance commerciale nationale, les produits pétroliers représentant désormais 30 à 32 % des dépenses totales d’importation du pays. L’essence constitue à elle seule la catégorie d’importation la plus importante de l’économie ghanéenne. Cette situation expose le premier producteur d’or d’Afrique à une forte volatilité des prix mondiaux du pétrole ainsi qu’à des pressions constantes sur le marché des changes, accentuant la vulnérabilité macroéconomique du pays face aux chocs externes.
Le recours accru aux marchés internationaux est directement lié à une baisse du traitement local des hydrocarbures, qui a chuté de 11,3 % en 2025. Actuellement, l’outil industriel national repose sur la Tema Oil Refinery (TOR), qui traite 28 000 barils par jour avec un objectif de 45 000 barils, et sur la raffinerie Sentuo, opérant à environ 40 000 barils par jour. Malgré ces capacités, la production des raffineries locales n’a couvert que 6 % de l’offre totale de produits pétroliers en 2025, après avoir déjà reculé de 9 % en 2024, illustrant une sous-utilisation chronique du parc industriel.
Parallèlement à ce déficit de couverture du marché domestique, le pays enregistre une hausse de ses flux sortants de produits raffinés localement. Les exportations et réexportations de ces produits sont en effet passées de 524 603 tonnes métriques en 2024 à 658 500 tonnes métriques en 2025. Ce paradoxe, marqué par l’exportation d’une partie de la production locale alors que le pays dépend à 94 % des importations pour sa consommation intérieure, souligne les défis structurels auxquels est confronté le secteur énergétique ghanéen.
