Accueil » Tops / Flops de la semaine par Zonebourse

Tops / Flops de la semaine par Zonebourse

Malgré la bonne performance des valeurs technologiques américaines, les places européennes ont connu une semaine agitée, subissant de lourds dégagements dans le sillage des incertitudes au sujet des négociations sur le plafond de la dette américaine. Des progrès substantiels ont été réalisés, et un accord semble imminent selon les dernières nouvelles, alors que l'échéance cruciale du 1er juin approche à grands pas. Les dernières données sur l'inflation américaine pourraient freiner les ardeurs des investisseurs à quelques semaines des prochaines décisions des banques centrales en juin.

par Redaction

Tops

Super Micro Computer (+26%) : Le spécialiste américain des serveurs informatiques et du stockage a le vent en poupe. Comme les autres valeurs associées à l’IA, qui promettent de révolutionner l’économie, il bénéficie actuellement d’un puissant flux acheteur. Le groupe dévoile par ailleurs une nouvelle technologie de refroidissement liquide dédiée aux centres de données, ainsi qu’ un partenariat avec Applied Digital Corporation sur le cloud. Enfin, le titre est recommandé à l’achat par Loop Capital, avec un objectif de cours rehaussé à 200 USD.

Abercrombie & Fitch (+25%) : En dépit des incertitudes économiques, la marque de mode américaine signe de solides résultats trimestriels. Sur la période écoulée, le groupe dévoile un bénéfice surprise, ainsi qu’un chiffre d’affaires (+3%) et une marge d’exploitation supérieurs aux attentes. Abercrombie fait également état de niveaux de stocks largement réduits par rapport à 2022. La direction a donc relevé les prévisions annuelles de croissance des ventes et de marge d’exploitation.

Cricut (+25%) : Alors que le groupe américain, qui fournit des technologies pour les projets créatifs de bricolage, a publié des trimestriels inférieurs aux attentes avec une baisse de 26% de son chiffre d’affaires, il a annoncé le versement d’un dividende spécial aux investisseurs enregistrés au 3 juillet 2023. Fort d’un volume d’utilisateurs en hausse de 19% sur le trimestre, le management se dit confiant sur sa capacité à dégager de la rentabilité, à financer sa croissance et à réduire ses niveaux de stocks. De quoi booster le titre.

Nvidia (+21%) : Nvidia a explosé cette semaine après avoir publié des résultats trimestriels exceptionnels, meilleurs qu’attendus, et des prévisions flamboyantes pour le trimestre à venir, ici encore supérieures aux attentes. Le fabricant de puces américain est sans surprise porté par la demande croissante des entreprises en processeurs graphiques dédiés aux projets d’intelligence artificielle, nécessitant une  importante puissance de calcul.

E.L.F beauty (+16%) : La société de cosmétiques se porte bien. Grâce à des revenus et bénéfices qui dépassent le consensus pour le trimestre écoulé, ainsi que des coûts en baisse, le groupe a nettement revu à la hausse ses prévisions annuelles. Le chiffre d’affaires a notamment gagné 78%, porté par la vigueur des ventes au détail et en ligne. Les bureaux d’analyse Morgan Stanley, Truist Securities, Piper Sandler, Stifel Nicolaus, Raymond James, TD Cowen, DA Davidson ont révisé leur recommandation ou leur objectif de cours sur le titre à la hausse.

Palo Alto (+10%) : Le spécialiste de la cybersécurité a aussi dépassé les attentes du marché pour son troisième trimestre fiscal, grâce à la hausse des dépenses des grands groupes dans la sécurité informatique, et à la vigueur des ventes d’abonnements et de support. Alors que le groupe est profitable depuis le début de l’année, il a relevé ses objectifs annuels : il vise désormais une augmentation des revenus entre 23 et 24%, contre 22% à 23% auparavant.

ASM International (+10%), VAT group (+9%), BE Semiconductor Industries : Les fournisseurs européens de l’industrie des semi-conducteurs ont tiré leur épingle du jeu cette semaine, portés par les excellents résultats de leur homologue Nvidia. Les néerlandais ASM international et BE Semiconductor, ainsi que le suisse VAT, intègrent ce classement à la faveur du rebond du leader américain.

Uniper (+8%) : Le géant allemand de l’énergie a confirmé cette semaine ses perspectives pour 2023 : le management anticipe désormais une forte reprise des bénéfices et un résultat net ajusté positif. Le groupe, qui a couvert ses engagements en matière d’approvisionnement en gaz jusqu’en 2024, prévoit donc désormais un bénéfice de plus de 2 milliards d’euros. De quoi rassurer les investisseurs sur sa solidité après l’extinction de l’approvisionnement russe.

Flops

Embracer (-50%) : Sévère dégringolade pour l’éditeur suédois de jeux vidéo, déjà fragilisé par des résultats médiocres, des retards dans les jeux, une faible demande et un accueil mitigé pour certaines sorties importantes. Depuis 7 mois, le groupe était en pourparlers pour conclure un partenariat qui promettait 2 milliards de dollars de retombées sur 6 ans, mais l’accord secret est tombé à l’eau. Embracer a donc revu à la baisse ses prévisions pour l’année. Punition immédiate.

Petco (-17%) : Le détaillant de produits pour chiens et chats déçoit. Il signe des ventes trimestrielles en hausse de 5.4%, mais des marges en repli et une perte de 1 cent par action. Les propriétaires d’animaux de compagnie concentrent leurs dépenses sur les produits essentiels au détriment des achats discrétionnaires. Avec les hausses de taux, le marché s’inquiète également du lourd endettement du groupe. Mais alors que la société a réaffirmé ses prévisions pour l’année, la réaction des investisseurs semble un peu excessive.

SnowFlake (-16%) : Snowflake n’a pas démérité. Le fabricant de logiciels a dévoilé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, avec des revenus en hausse de 48%, mais il a de nouveau réduit ses prévisions annuelles, notamment celles de croissance des revenus des produits à 34%, contre 44% à 45% auparavant. Le groupe, qui commercialise des outils d’analyse et de gestion des données pour les plateformes cloud, souffre des perspectives timides de ses partenaires dans un contexte de ralentissement de l’économie américaine.

Dollar tree (-15%) : Sous l’effet des pressions inflationnistes, la demande ralentit aussi chez Dollar Tree, qui a revu, en conséquence, ses perspectives annuelles de bénéfice et de chiffre d’affaires à la baisse. Le détaillant discount signe des résultats trimestriels mitigés : les revenus sont en croissance de 6,1% en données publiées et de 4,8% en comparable, meilleurs qu’attendus, mais le bénéfice  affiche un repli. Le groupe compte sur une baisse des prix du fret cette année, et sur les mesures déployées pour accroître sa productivité, pour éclaircir ses horizons.

SüdZucker (-13%) : Douche froide pour le producteur allemand de sucre. L’entreprise a dévoilé des revenus en hausse de 25% d’une année sur l’autre, un EBITDA en augmentation de 55% et un résultat d’exploitation qui gagne 112%. Mais les investisseurs entrevoient un avenir assombri par l’inflation des matières premières, de l’énergie et de l’emballage, ainsi que par les conditions de marché difficiles. Ils anticipent une chute de la demande en sucre, qui pourrait avoir un impact non négligeable sur les marges du producteur.

Vivendi (-11%) : La holding française a subi de lourds dégagements cette semaine, après que Vincent Bolloré, président du groupe, a cédé via Compagnie de Cornouaille environ 1,55 million d’actions du groupe de médias. Cette vente a mis un frein à l’intérêt spéculatif sur le titre : les investisseurs s’attendaient à une OPA de Bolloré sur Vivendi, rumeur non confirmée par le groupe, et cette opération a refroidi leurs attentes. Dans la foulée, Barclays a dégradé sa recommandation sur le titre.

Pets at home (-9%) : En dépit d’une année record, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7.9% à périmètre constant, le détaillant britannique de produits pour animaux de compagnie s’oriente à la baisse. Le groupe a en effet dévoilé un bénéfice annuel en repli de 18%, plombé par une réduction des ventes discrétionnaires. Les investisseurs estiment que le groupe est mature sur son marché, et qu’il va avoir besoin de relais de croissance. Dans cette optique, Pets at home annonce l’ouverture de 40 nouveaux points de vente.

Matières premières
Energie : Le rebond des prix pétroliers s’est prolongé cette semaine, une hausse qui se fait néanmoins sans aucun excès de zèle. Le Brent européen progresse légèrement à 76 USD tandis que son homologue américain, le WTI, s’échange autour de 72 USD le baril. Même si l’ambiance générale reste relativement négative sur le front des actifs risqués, le pétrole a tout de même bénéficié de plusieurs bonnes nouvelles, notamment aux Etats-Unis. Premièrement, les stocks pétroliers ont enregistré une importante décrue cette semaine, de l’ordre de… 12,5 millions de barils, alors que les économistes tablaient au contraire sur une progression de 1,9 million de barils ! Par ailleurs, les dernières données de forage aux Etats-Unis confirment le ralentissement du nombre de foreuses en activité. Les producteurs américains optent ainsi pour la prudence à moyen terme alors que les observateurs s’attendent au contraire à un marché pétrolier davantage tendu au deuxième semestre.

Métaux : Attention, terrain glissant ! Difficile d’inverser la spirale baissière qui frappe de plein fouet le compartiment des métaux industriels. En cause, des données économiques mitigées en provenance de Chine, une hausse du billet vert et le retour de l’aversion au risque. Le cuivre s’échange désormais à 7900 USD la tonne métrique au LME alors qu’il tutoyait le seuil des 9000 USD il y a un peu plus d’un mois. Même dynamique pour le zinc, qui plonge à 2222 USD, le nickel (21000 USD) et l’étain (24500 USD). L’or, lesté par la progression du dollar américain, ne parvient pas à reprendre de la hauteur. La relique barbare se stabilise tout de même à 1950 USD.

Produits agricoles : Le Département américain de l’agriculture (USDA) a dévoilé ses premières prévisions de la production américaine de céréales pour la compagne 2023/2024. La tendance est claire : les récoltes seront abondantes. L’USDA s’attend à une production record de maïs de 15,3 milliards de boisseaux, soit une hausse d’environ 10% en glissement annuel ! Les perspectives sont moins prolifiques pour le blé, puisque l’offre américaine devrait se stabiliser autour de 1,65 milliard de boisseaux. En parallèle, la Russie menace de ne pas prolonger l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes si ses demandes concernant les exportations de céréales et d’engrais n’étaient pas satisfaites. A Chicago, les cours du blé se stabilisent autour de 610 cents le boisseau. Du côté du maïs, malgré le dernier rapport de l’USDA, les cours ont progressé à 590 cents le boisseau.

 

Macroéconomie
Ambiance : Pas de deux. La semaine aura été rythmée par le jeu de dupe qui se joue de l’autre côté de l’Atlantique entre le Président américain Joe Biden et le président conservateur de la Chambre américaine des représentants, Kevin McCarthy. Si les tractations vont bon train concernant les modalités d’un relèvement du plafond de la dette, les investisseurs commencent tout de même à s’inquiéter au point d’emmener les CDS (Credit Default Swap) sur la dette américaine à des niveaux supérieurs à ceux de 2011 (dernier exemple en date d’âpres négociations sur le plafond de la dette). L’agence de notation Fitch a d’ors et déjà mis le triple A des Etats-Unis sous surveillance négative tandis que la secrétaire du Trésor, Janet Yellen, multiplie les sorties pour exhorter les deux protagonistes à trouver rapidement un accord et éviter de risquer le défaut de paiement. Une telle situation ferait l’effet d’une bombe dans le monde financier dont les implications restent difficilement estimables. Du côté des indices, l’heure est plus que jamais à la sélectivité. La séance de jeudi en est d’ailleurs une parfaite illustration. Si le S&P 500 a progressé de 0.88% sur la séance, 65% des titres et près de 70% des volumes échangés sur le Nyse ont été en baisse. Mention spéciale à Nvidia qui a bondi de près de 25% mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Un tel manque de participation est suspect et ne peut qu’inviter à la prudence.

Devises : Le dollar poursuit sa progression face à l’Euro et la plupart des devises cette semaine. Une hausse de taux est désormais l’hypothèse privilégiée par les investisseurs. L’outil FedWatch de CME montre désormais une probabilité de 53,9% pour un tour de vis d’un quart de point lors de la prochaine réunion de la Fed en juin. D’autre part, l’annonce de l’entrée en récession de l’Allemagne au premier trimestre n’a pas aidé la monnaie européenne. Enfin, les négociations sur la dette américaine avancent et l’optimisme est tourné vers un relèvement du plafond. En conséquence, l’EUR/USA se traite proche de 1,07. Face au Yen, le dollar a franchi le cap des 140 JPY, atteint pour la dernière fois en novembre 2022. Au Royaume-Uni, l’inflation est restée très élevée, à 8,7% en avril 2023, ce qui a aussi fait baisser la devise face au dollar. On l’aura compris, le dollar gagne en popularité dans le contexte actuel et l’emporte sur toutes les devises cette semaine.

Taux. Du côté des nouvelles macroéconomiques, les minutes de la Fed auront surtout marqué les divergences entre les membres du comité avec d’un côté les partisans d’une poursuite du cycle de hausse de taux et de l’autre les partisans d’une pause, voire d’un assouplissement monétaire, le temps d’évaluer les conséquences du tightening sur l’inflation, les banques et par ricochet sur l’économie. La publication du PCE Core ce vendredi est venu mettre de l’eau au moulin des « Hawks ». Ressorti légèrement supérieur aux attentes en rythme mensuel (+0.4% vs. 0.3% attendu) et annuel (+4.7% vs. +4.6%), il corrobore les mauvaises données de l’inflation britannique publiées plus tôt dans la semaine. La lutte contre l’inflation semble donc loin d’être gagnée. De fait, le rendement du 10 ans américain s’est extirpé de son canal d’accumulation horizontal en débordement des 3.64% ouvrant la voie à une nouvelle dynamique haussière en direction des 4-4.10%.

Cryptomonnaies : Le bitcoin continue de souffrir en se retrouvant dans sa quatrième semaine de baisse consécutive et gravite autour des 26500 dollars à l’heure où nous écrivons ces lignes. L’ether, lui, résiste mieux que le leader du marché en gagnant un peu plus de 1% et navigue au-dessus des 1800 dollars. Le marché des cryptomonnaies ne bénéficie donc toujours pas de l’envolée des valeurs technologiques américaines, avec lesquelles il était jusqu’à présent corrélé. Le manque de clarté réglementaire pour l’industrie des crypto-actifs de l’autre côté de l’Atlantique pèse sur la capacité des crypto-investisseurs à se projeter, ce qui se traduit par cette incapacité du marché à reprendre une dynamique positive.

 

La technologie se pavane
Le maître mot de cette semaine a été une nouvelle fois : intelligence artificielle. Les investisseurs ont applaudi des deux mains les résultats de Nvidia qui a de nouveau fait monter le compartiment technologique. Il faut dire que les plus grandes sociétés technologiques américaines, telles que Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia et Meta Platforms ont grimpé en moyenne de +69,3% depuis le début de l’année, et sont responsables de la quasi-totalité des gains des indices boursiers tels que le S&P 500 ou le Nasdaq 100.

La semaine prochaine, nous attendons le sentiment des consommateurs américains mardi, les chiffres sur l’inflation allemande et australienne ainsi que les données sur la création de postes aux Etats-Unis mercredi, la publication de l’indice ISM manufacturier ainsi que le taux de chômage américain vendredi. Quelques résultats d’entreprises sont à prévoir. Parmi les plus grandes sociétés, nous retrouvons HP, Salesforce, Crowdstrike et Broadcom. Bon weekend à tous les investisseurs.

Articles en rapport

Laissez un commentaire

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire Plus

Politique de confidentialité et de cookies
error: Le contenu est protégé !!