Les investissements en capital-risque d’entreprise (corporate venture capital, CVC) dans les startups africaines ont atteint, au premier semestre 2025, leur niveau le plus élevé depuis trois ans, traduisant un regain d’intérêt des investisseurs institutionnels mondiaux et locaux pour l’écosystème d’innovation du continent. Cette dynamique marque un engagement plus profond et plus structurant des entreprises dans le financement des jeunes pousses africaines, au-delà des schémas traditionnels dominés par le capital-risque étranger.
Selon les données de GCV, les startups africaines ont enregistré 26 opérations de financement soutenues par des entreprises au cours du premier semestre 2025, soit une progression de 44 % par rapport au précédent pic de 18 transactions observé sur des périodes comparables. Cette évolution reflète un changement structurel dans les modes de financement, avec un nombre croissant de fondateurs qui s’orientent vers des partenaires stratégiques capables d’apporter à la fois des capitaux, une expertise sectorielle et des débouchés commerciaux.
Contrairement aux fonds de capital-risque traditionnels, généralement axés sur la maximisation des rendements financiers et des sorties rapides, les investisseurs en CVC combinent l’apport financier à des objectifs stratégiques tels que l’accès à de nouvelles technologies, le renforcement des chaînes d’approvisionnement ou l’expansion des marchés. Cette approche se traduit par des investissements plus patients et un accompagnement opérationnel accru, comme l’illustrent les opérations menées par Flour Mills of Nigeria dans le commerce électronique B2B, Hollard en Afrique du Sud avec Naked Insurance, MediaTek en Égypte avec InfinLink, ou encore PepsiCo via son fonds Kgodiso dans l’agritech sud-africaine Khula.
Sur le plan géographique, l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria continuent de concentrer l’essentiel des investissements en CVC grâce à la maturité de leurs marchés et à la solidité de leurs écosystèmes de startups. Toutefois, le premier semestre 2025 a également vu l’émergence de nouveaux marchés tels que la Tunisie, le Ghana, l’Éthiopie, le Togo et l’Ouganda, qui ont accueilli leurs premières opérations soutenues par des entreprises. Parallèlement, le profil des investisseurs évolue, avec une montée en puissance des acteurs asiatiques et moyen-orientaux aux côtés des investisseurs européens et nord-américains, les entreprises chinoises demeurant particulièrement actives, notamment sur des marchés clés comme le Nigeria.
