Un arrêté conjoint du ministère d’État, ministère de la Défense, et du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, entré en vigueur le 17 octobre 2025, interdit sur l’ensemble du territoire ivoirien la tenue de meetings et de manifestations publiques organisés par les partis ou groupements politiques pour une durée de deux mois. Cette mesure, à portée nationale, ne s’applique toutefois pas aux activités directement liées au processus électoral relatif à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025. L’article 2 du texte précise que tout contrevenant à cette interdiction s’expose à des poursuites judiciaires.
La décision intervient dans un climat politique tendu, marqué par la contestation du Front commun PPA-CI/PDCI, coalition d’opposition regroupant le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Ces formations dénoncent « l’exclusion » de leurs leaders, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, dont les candidatures ont été rejetées par le Conseil constitutionnel le 8 septembre 2025. Le même jour, la haute juridiction a publié la liste définitive des cinq candidats autorisés à participer au scrutin, parmi lesquels figurent le président sortant Alassane Ouattara, l’ex-Première dame Simone Ehivet Gbagbo et l’homme d’affaires Jean-Louis Billon.
Face à la multiplication des appels à manifester, le Conseil national de sécurité (CNS) a annoncé, le 2 octobre 2025, la mise en œuvre de « toutes les mesures nécessaires » pour garantir la stabilité pendant la période électorale. Ces dispositions incluent l’interdiction de tout rassemblement public visant à contester les décisions du Conseil constitutionnel. En application de cette orientation, le préfet du département d’Abidjan a successivement interdit deux rassemblements de l’opposition, prévus les 4 et 11 octobre 2025. Ce dernier, selon les autorités, n’avait pas été notifié conformément à la réglementation en vigueur.
Le 11 octobre, les forces de sécurité ont procédé à la dispersion de plusieurs groupes de jeunes qui tentaient de se regrouper dans des quartiers d’Abidjan, notamment à Cocody, ainsi qu’à l’intérieur du pays. L’usage de gaz lacrymogènes a été signalé et les autorités ont annoncé environ 700 arrestations sur l’ensemble du territoire, dont 26 personnes déjà condamnées à trois ans de prison. Alors que la campagne électorale, ouverte le 10 octobre, se poursuit jusqu’au 23 octobre 2025, les députés du Front commun ont appelé à un « sursaut patriotique », appelant leurs partisans à rester mobilisés dans un contexte de fortes restrictions sécuritaires.
