La Banque centrale d’Égypte (CBE) a récemment confirmé le maintien de ses taux d’intérêt directeurs , une décision stratégique adoptée lors de la troisième réunion de son Comité de politique monétaire (CPM). Avec un taux de dépôt à un jour fixé à 19 % et un taux de prêt à 20 %, cette politique de prudence reflète la volonté de l’institution d’évaluer avec précision l’impact des chocs d’offre actuels sur l’économie nationale. Malgré une légère décélération de l’inflation en avril 2026 — tombée à 14,9 % contre 15,2 % le mois précédent — le cadre macroéconomique demeure marqué par une forte incertitude, exacerbée par les tensions géopolitiques régionales et les fluctuations des prix des matières premières.
Pour les mois à venir, la CBE anticipe une accélération temporaire de l’inflation au troisième trimestre 2026. Cette pression haussière s’explique par des effets de base défavorables, les réajustements budgétaires en cours et les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Selon les projections de la banque, l’inflation devrait dépasser la fourchette cible de 7 % (±2 %) jusqu’à la fin de l’année, avant d’entamer une décrue graduelle à partir du premier trimestre 2027. Pour ancrer les anticipations, la CBE maintient une politique monétaire restrictive et réaffirme son engagement en faveur de la flexibilité des taux de change.
Parallèlement, la dynamique de croissance économique montre des signes de ralentissement. Après avoir atteint 5 % au premier trimestre 2026, la croissance du PIB réel devrait continuer de faiblir au cours du deuxième trimestre sous l’effet de l’instabilité régionale, pour se stabiliser autour de 5 % sur l’ensemble de l’exercice 2025/2026. La banque note toutefois que cet écart de production suggère que les pressions inflationnistes liées à la demande resteront limitées à court terme. Sur le marché du travail, la situation semble résiliente, avec un taux de chômage qui s’est légèrement contracté pour atteindre 6,0 % au premier trimestre, signe d’une certaine stabilité structurelle.
Enfin, l’Égypte reste étroitement corrélée aux turbulences de l’économie mondiale. La volatilité accrue des prix du pétrole Brent et du gaz naturel, conjuguée à la hausse des coûts des produits agricoles, impose aux autorités égyptiennes une vigilance constante. Dans cet environnement international incertain, où les grandes banques centrales mondiales adoptent elles aussi une posture prudente, la CBE privilégie une approche mesurée. L’objectif demeure la préservation de la stabilité monétaire, tout en laissant le temps nécessaire pour que les mesures de réforme portent leurs fruits et que l’inflation converge durablement vers les objectifs fixés d’ici le second semestre 2027.
