Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a franchi une étape clé dans le soutien à l’économie éthiopienne en approuvant, le vendredi 16 janvier 2026, un décaissement de 261 millions de dollars. Cette enveloppe fait suite à la conclusion de la quatrième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), portant ainsi le montant total des versements à 2,18 milliards de dollars. Ce financement intervient à un moment critique pour Addis-Abeba, visant spécifiquement à combler les déficits de la balance des paiements et à stabiliser les besoins de financement budgétaire de l’État.
Sur le plan opérationnel, ces fonds sont destinés à consolider le programme de réforme économique national (HGER). L’objectif est double : remédier aux déséquilibres macroéconomiques persistants et créer un environnement favorable à une croissance pérenne portée par le secteur privé. Le FMI a souligné la solidité des performances techniques, notant que tous les critères de performance quantitatifs (QPC) ont été respectés. Une innovation notable a été introduite dans les conditions du programme : une nouvelle QPC imposant une limite zéro aux interventions sur le marché des changes, obligeant désormais le pays à passer exclusivement par des mécanismes d’enchères pour la gestion de ses devises.
Pourtant, le paysage économique reste complexe pour le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. Malgré une croissance robuste estimée à 9,2 % pour l’exercice 2024/2025, l’Éthiopie porte encore les stigmates du conflit au Tigré, des sécheresses répétées et des ondes de choc de la guerre en Ukraine. Ces crises exogènes et endogènes avaient conduit le pays à un défaut de paiement en 2023, avec une dette extérieure culminant à 28,9 milliards de dollars en 2024. Le FMI a d’ailleurs relevé un bémol concernant les filets de sécurité sociale, dont la contribution gouvernementale est restée inférieure aux objectifs initiaux, dans un contexte de détérioration du niveau de vie.
En définitive, ce nouveau décaissement témoigne d’un retour progressif de la confiance des institutions internationales envers la trajectoire de réforme éthiopienne. Si l’inflation à deux chiffres continue de peser sur le quotidien des ménages, la discipline imposée par le cadre de la FEC semble porter ses fruits en matière de rigueur budgétaire et monétaire. Le défi pour les autorités éthiopiennes consistera désormais à transformer cette dynamique macroéconomique en une amélioration concrète du bien-être social, tout en gérant durablement le fardeau de la dette extérieure.
