Le secteur pétrolier ghanéen a connu une chute spectaculaire de ses revenus au premier semestre 2025, avec une baisse de 56 % en glissement annuel, selon les données de la Banque du Ghana. Les recettes sont passées de 840,8 millions USD sur la même période en 2024 à seulement 370,6 millions USD, sous l’effet combiné d’une baisse de la production et d’un affaiblissement des cours mondiaux. Le prix moyen du baril a reculé de 84,08 USD à 75,69 USD, aggravant l’impact d’un recul de 25,5 % du volume de brut extrait, tombé à 2,81 millions de barils contre 3,77 millions un an plus tôt.
Cette contre-performance intervient dans un contexte de déclin structurel de la production pétrolière, amorcé depuis 2019. Alors que le pays avait produit 71,44 millions de barils cette année-là, la production a chuté à 48,25 millions en 2024, soit une baisse moyenne de 7,4 % par an. En 2025, cette tendance s’est accentuée avec plusieurs arrêts techniques, dont une suspension de 14 jours (six jours en mars et huit en avril). Ces perturbations ont considérablement pesé sur les performances, comme l’a souligné Mark Obeng Adu Agyemang, du Comité d’intérêt public et de responsabilité (PIAC).
La situation soulève des inquiétudes sur la viabilité à long terme du secteur amont. En dépit des efforts du ministère de l’Énergie pour relancer l’exploration, aucun nouvel accord pétrolier n’a été signé depuis 2018, marquant cinq années consécutives de stagnation. Le Centre africain pour la politique énergétique (ACEP) alerte sur les conséquences de cette inaction. Selon Kodzo Yaotse, responsable politique au sein de l’ACEP, les revenus exceptionnels liés à des prix élevés dans le passé ont masqué le déclin structurel du secteur. Avec des prix en recul et une production faible, « l’impact réel se fait désormais ressentir », avertit-il.
Les conséquences budgétaires sont déjà visibles. La chute des revenus limite drastiquement les marges de manœuvre du gouvernement, notamment pour financer des projets structurants tels que le programme « Big Push », qui nécessitait 100 millions USD. L’avenir du secteur repose désormais sur un rebond éventuel de la production au second semestre, mais les experts s’accordent à dire qu’un redressement durable passe par une relance urgente des investissements et la signature de nouveaux contrats d’exploration, sans quoi l’économie pétrolière du Ghana risque de s’enliser durablement dans le déclin.
