L’économie ghanéenne bénéficie d’un environnement macroéconomique renforcé, marqué par une appréciation de plus de 40 % du cedi face au dollar depuis janvier et une baisse de l’inflation à 12,1 % en août, son niveau le plus bas en près de quatre ans, contre 13,7 % en juin. Ce repli significatif des prix, soutenu par des réserves internationales atteignant 11,1 milliards USD (4,8 mois de couverture des importations), crée selon le gouverneur de la Banque du Ghana, Dr Johnson P. Asiama, une marge de manœuvre accrue pour l’expansion prudente des prêts dans un climat de risque maîtrisé.
Le contexte actuel a permis à la banque centrale de réduire son taux directeur de 300 points de base, le ramenant à 25 % en juillet, traduisant un passage d’une posture défensive à une approche plus favorable à la croissance. L’activité économique a progressé de 5,3 % au premier trimestre 2025, avec une hausse de 6,8 % du PIB hors pétrole, portée par l’agriculture et les services. L’indice composite de l’activité économique a également augmenté de 4,4 % en mai, tandis que le déficit budgétaire s’est limité à 0,7 % du PIB au premier semestre, en deçà de l’objectif de 1,8 %.
Malgré cette stabilisation, le coût du crédit demeure élevé et hétérogène selon les segments d’emprunteurs. En juin, le taux de référence du Ghana s’établissait à 23,80 %, mais les taux annuels effectifs globaux (TAEG) variaient fortement : autour de 20 % pour certains prêts aux ménages, mais souvent supérieurs à 40 % pour d’autres, tandis que les PME faisaient face à des coûts dépassant fréquemment 30 % à moyen terme. Les écarts s’expliquent par les primes de risque sectorielles, les frais de traitement, d’assurance et d’installation, qui renchérissent le coût effectif du financement.
Le secteur bancaire, jugé bien capitalisé, liquide et rentable, voit ses ratios de prêts non performants reculer, grâce à l’amélioration des conditions macroéconomiques et à un meilleur calibrage du risque de crédit. Toutefois, le Dr Asiama appelle les banques à orienter l’expansion de leurs portefeuilles vers les secteurs productifs, notamment les PME, tout en conservant une discipline stricte en matière de gestion des risques. Dans ce contexte, la Banque du Ghana prépare de nouvelles directives sur la gestion du risque de crédit, la bancassurance et la liquidité, afin de consolider la stabilité financière et d’aligner le système bancaire sur les standards internationaux.
