L’indépendance économique du Ghana face aux institutions financières internationales, notamment le FMI, dépend intrinsèquement de sa capacité à capter ses ressources intérieures. Le Dr Martin Kobil Yamborigya, commissaire par intérim de la Division des recettes fiscales intérieures (DTRD), a dressé un constat sans appel lors du Dialogue des dirigeants d’entreprise 2026. Actuellement, le pays souffre d’un déficit de collecte massif : l’écart en matière d’impôt sur le revenu atteint 67 %, ce qui signifie que seuls 33 % des recettes potentielles entrent effectivement dans les caisses de l’État.
Le secteur de la fiscalité indirecte présente des lacunes tout aussi préoccupantes. Le taux de conformité à la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) ne s’élève qu’à 39 %, laissant un vide budgétaire de 61 %. Cette faible performance limite drastiquement la marge de manœuvre du gouvernement pour financer les infrastructures et les services publics. En l’absence d’une collecte optimale, la pression fiscale repose de manière disproportionnée sur une minorité de contribuables déjà enregistrés, créant un déséquilibre structurel qui freine la compétitivité économique globale.
Pour pallier ces défaillances, la GRA préconise une stratégie axée sur l’élargissement de l’assiette fiscale plutôt que sur l’augmentation des taux d’imposition. L’amélioration du respect des obligations fiscales est présentée comme la solution clé pour alléger le fardeau des contribuables actuels. En intégrant le secteur informel et en renforçant les mécanismes de contrôle, le Ghana pourrait transformer son système fiscal en un moteur de croissance plus équitable, garantissant que chaque acteur économique contribue à hauteur de ses capacités réelles.
En conclusion, la résolution de la dépendance étrangère du Ghana repose sur un contrat social renouvelé. Le Dr Yamborigya insiste sur le fait que la solution aux défis budgétaires est avant tout interne et réside dans le patriotisme des citoyens. Une volonté collective de s’enregistrer et de s’acquitter de ses obligations légales permettrait de mobiliser suffisamment de ressources domestiques pour subvenir aux besoins de la nation. Ce renforcement de la mobilisation des recettes intérieures est l’unique voie pour que le Ghana puisse, à terme, se passer de l’aide extérieure et piloter son développement de manière autonome.
