Le rapport annuel 2025 de l’Observatoire marocain de la TPME (OMTPME), présenté le 7 janvier 2026 à Casablanca, révèle une consolidation modérée du tissu entrepreneurial national. Avec un total de 380 230 entreprises personnes morales répertoriées en 2024, le Maroc enregistre une progression annuelle de 1,3%. Bien que cette croissance témoigne d’une résilience certaine, l’analyse présentée par la directrice exécutive, Amal Idrissi, met en lumière un état des lieux contrasté, où l’augmentation quantitative du nombre d’acteurs s’accompagne de disparités structurelles persistantes au sein de l’économie marocaine.
L’examen de la morphologie du tissu productif souligne une prédominance écrasante des micro-structures. En effet, près de 94% des entreprises déclarent un chiffre d’affaires inférieur à 10 millions de dirhams, ce qui cantonne la grande majorité des opérateurs dans la catégorie des Très Petites Entreprises (TPE). Les Petites et Moyennes Entreprises (PME), au sens strict, ne constituent que 5,5% de l’écosystème, tandis que les grandes entreprises, bien que marginales en nombre, continuent de concentrer l’essentiel de la valeur ajoutée créée. Cette segmentation illustre une base entrepreneuriale encore fragile et fortement atomisée.
La géographie économique du Royaume confirme, par ailleurs, une polarisation marquée de l’activité. L’axe littoral Tanger–El Jadida demeure le cœur névralgique du pays, regroupant près des deux tiers des entités recensées. Ce rôle structurant de l’axe atlantique et méditerranéen souligne les défis persistants en matière de décentralisation économique et de développement territorial équilibré. Cette concentration géographique, couplée à la concentration de la valeur au sein d’une minorité d’acteurs, définit une architecture économique où la croissance dépend étroitement de pôles urbains et industriels spécifiques.
Enfin, la vitalité de la création d’entreprises constitue un signal positif, bien que nuancé par la capitalisation des nouvelles structures. En 2024, environ 96 000 nouvelles unités ont été créées, dont 68 000 personnes morales (en hausse de 5,5%). Toutefois, cette dynamique entrepreneuriale est portée par des structures souvent faiblement dotées en fonds propres, ce qui pose la question de leur pérennité face aux chocs de marché. La synthèse de l’OMTPME appelle ainsi à une réflexion approfondie sur les mécanismes d’accompagnement et de financement pour transformer cette poussée démographique en un levier de croissance durable et inclusif.
