La pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole Dangote à Lamu, sous l’impulsion du gouvernement kényan et du groupe Dangote, marque un tournant historique pour les capacités de raffinage du continent africain. Estimé à environ 16 milliards de dollars américains, ce projet d’envergure affichera une capacité de traitement de 700 000 barils de brut par jour et générera près de 60 000 emplois. En transformant des matières premières issues de producteurs régionaux comme l’Ouganda pour alimenter le marché local et est-africain, cette infrastructure ambitionne de dynamiser durablement le commerce intra-africain. Comme l’a souligné le Dr George Elombi, président et directeur général d’Afreximbank : « L’importance de cet investissement dépasse largement la simple construction d’une raffinerie. Il témoigne de la capacité de l’Afrique à concevoir, financer et construire d’importants actifs industriels répondant directement aux besoins de nos économies ».
Sur le plan économique, la mise en place de cette capacité de raffinage à grande échelle permet de conserver une valeur ajoutée substantielle au sein des économies nationales tout en consolidant les chaînes d’approvisionnement industrielles locales. La réduction de la dépendance aux produits raffinés importés offre ainsi l’opportunité de structurer une nouvelle plateforme pour les exportations régionales. Cette dynamique industrielle intervient dans un climat géopolitique mondial instable, marqué par les récentes perturbations des routes maritimes et énergétiques dans le détroit d’Ormuz ou la mer Rouge. Le Dr George Elombi a d’ailleurs rappelé cet enjeu stratégique en précisant : « Les récentes perturbations des routes énergétiques et maritimes mondiales nous ont rappelé le coût de la dépendance. L’Afrique dispose des capitaux, des entreprises et des marchés nécessaires pour réduire cette dépendance ».
Ce projet d’envergure s’intègre dans le cadre d’un partenariat de longue date entre le Kenya et Afreximbank, qui déploie des programmes d’investissement massifs pour stimuler l’industrialisation du pays. En 2023, la banque a ainsi lancé un programme pays d’une valeur de 3 milliards de dollars américains pour soutenir les secteurs public et privé, incluant un volet de 800 millions de dollars destiné à l’adaptation au changement climatique et à l’irrigation agricole. Ces initiatives visent à renforcer globalement la résilience économique et commerciale du pays face aux défis environnementaux et productifs de la décennie.
En complément de la raffinerie de Lamu, l’action d’Afreximbank se manifeste à travers le cofinancement de grands parcs industriels et zones économiques spéciales aux côtés d’ARISE IIP et du groupe KCB. Près de 1 milliard de dollars a été alloué au développement du parc industriel intégré de Dongo Kundu à Mombasa et de la zone économique spéciale II de Naivasha, des structures projetant la création de 140 000 emplois. De plus, un accord de financement conjoint de 800 millions de dollars conclu en 2025 soutient activement l’essor de la ZES de Vipingo dans le comté de Kilifi.
Enfin, saluant l’engagement continu de M. Aliko Dangote et du groupe Dangote en faveur de l’industrialisation continentale, ces investissements structurants posent les jalons d’un nouveau modèle économique africain. En mutualisant les efforts institutionnels et privés à travers des corridors logistiques et énergétiques performants, l’Afrique se dote progressivement des moyens souverains nécessaires pour s’affranchir des vulnérabilités extérieures et pérenniser sa croissance à long terme.
