Depuis le 1er février 2026, l’Égypte assume la présidence tournante du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union Africaine. Ce mandat d’un mois s’ouvre dans un contexte de pressions sécuritaires et politiques accrues sur le continent. Le Caire a d’ores et déjà placé la résolution des crises au Soudan et en Somalie au sommet de son agenda. Le programme prévoit des consultations ministérielles intensives, notamment avec le ministère soudanais des Affaires étrangères, afin de coordonner une réponse diplomatique efficace face à l’évolution rapide de la situation sur le terrain.
La stratégie égyptienne repose sur une approche globale visant à renforcer l’efficacité du Conseil en liant les impératifs de paix, de sécurité et de gouvernance. Conformément à l’Acte constitutif de l’UA, la présidence entend faire respecter les principes de souveraineté nationale, d’intégrité territoriale et de non-ingérence. Cette vision s’inscrit directement dans la réalisation des objectifs de l’Agenda 2063, en positionnant la stabilité des institutions nationales comme le socle indispensable au développement durable de l’Afrique.
Au-delà des zones de conflit immédiates, le programme technique de cette présidence intègre des thématiques transversales et innovantes. Des sessions dédiées exploreront l’impact du changement climatique sur la sécurité, ainsi que les opportunités et risques liés à l’intelligence artificielle. L’Égypte mettra également à profit son expertise en matière de reconstruction et de développement post-conflit (PCRD) pour accompagner les processus de transition politique, tout en examinant le lien critique entre sécurité alimentaire et stabilité régionale via des organismes spécialisés.
Le point d’orgue de ce mandat sera la présentation du rapport annuel des activités du CPS lors du prochain Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union Africaine. En parallèle, la délégation égyptienne déploiera une série de visites de terrain et de consultations multilatérales. Ces efforts visent à harmoniser les mécanismes de sécurité régionale et à réaffirmer le rôle central de l’UA dans la gestion autonome et souveraine des crises continentales.
