Le secteur de la microfinance en Côte d’Ivoire confirme sa vitalité avec des performances en nette progression au premier trimestre 2026. Selon Vassogbo Bamba, directeur de cabinet adjoint du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, le nombre de clients a atteint 2,9 millions, marquant une hausse de 14,3 % par rapport à fin 2025. À cette date, l’épargne mobilisée s’élève à 1,22 milliard USD, tandis que l’actif net du secteur dépasse désormais 2,08 milliards USD , soit une progression supérieure à 11 %.
Pour Élodie Koffi, présidente de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APSFD-CI), cette dynamique illustre le poids significatif des institutions de proximité. « Le dynamisme du secteur ces dix dernières années place la microfinance au cœur du dispositif d’inclusion financière », a-t-elle déclaré. Cette croissance des indicateurs financiers des leaders du marché témoigne de la confiance accrue des populations, notamment les femmes, les jeunes, les artisans et les PME, véritables piliers de l’économie réelle qui transforment quotidiennement des revenus modestes en leviers de développement.
Lamine Cissé, président de la Fédération des associations professionnelles des systèmes financiers décentralisés de l’UEMOA, a rappelé le rôle moteur de ces institutions dans l’espace communautaire. Avec 45 structures agréées gérant 482 points de service à fin 2024, le secteur a su répondre aux besoins là où le système bancaire classique était absent. Ce succès,
matérialisé par un encours de 1,02 milliard USD et une épargne collectée de 1,03 milliard USD fin 2024, confirme que la microfinance est un acteur incontournable de l’inclusion sociale.
Malgré cette embellie, le secteur fait face à des impératifs stratégiques pour garantir sa pérennité. Les autorités et les professionnels s’accordent sur la nécessité de consolider la qualité du portefeuille de crédit et le renforcement des fonds propres. Comme l’a souligné le représentant du ministère, ces défis orientent désormais la feuille de route des prochaines réformes gouvernementales, visant à bâtir un écosystème plus robuste, transparent et résilient au service de la stabilité financière nationale.
Enfin, la transformation digitale et l’agri-finance apparaissent comme les nouveaux leviers de croissance. Alors que le taux de pénétration de l’agri-finance reste limité à 12,8 % en Côte d’Ivoire, les institutions sont appelées à développer des produits adaptés aux cycles agricoles. En parallèle, l’adoption de la nouvelle loi uniforme et l’intégration technologique sont présentées comme des étapes clés pour atteindre les populations encore exclues, dont le taux d’inclusion financière est passé de 34 % en 2014 à 58 % en 2024.
