La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) vient de publier son dernier rapport sur le financement du commerce, mettant en lumière l’impératif de renforcer la résilience économique du continent. Malgré un potentiel immense, l’Afrique reste fortement dépendante des exportations de matières premières, ce qui expose ses économies à une vulnérabilité accrue face aux chocs exogènes, à la volatilité des prix et aux tensions géopolitiques mondiales. Cette structure commerciale déséquilibrée nécessite une réorientation stratégique immédiate pour garantir une croissance plus stable.
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) se positionne comme le levier central de cette transformation. En intégrant des marchés jusqu’ici fragmentés et en favorisant l’industrialisation, elle est appelée à stimuler considérablement le commerce intra-africain dans la prochaine décennie. Couplée à l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la ZLECAf offre un cadre indispensable pour diversifier la base productive du continent et accroître la valeur ajoutée locale, réduisant ainsi la dépendance aux importations de produits manufacturés.
Le développement des infrastructures constitue un autre pilier fondamental pour abaisser les coûts logistiques et dynamiser les échanges transfrontaliers. Investir massivement dans l’énergie, les réseaux de transport, les ports et la communication est crucial pour améliorer la compétitivité de l’Afrique. Ces efforts doivent s’accompagner d’une cohérence réglementaire renforcée et d’un meilleur accès au financement, notamment pour les PME, qui demeurent les moteurs essentiels du tissu économique local et de la création d’emplois durables.
L’essor des technologies financières (fintech) apporte une dynamique nouvelle, facilitant l’investissement national et offrant des solutions numériques innovantes pour sécuriser et accélérer les transactions. Bien que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) soient en hausse, des disparités régionales subsistent, l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe captant une part prépondérante. Il est donc primordial d’harmoniser ces opportunités pour que chaque sous-région puisse bénéficier d’un écosystème d’investissement plus inclusif et diversifié.
En conclusion, l’Afreximbank, sous l’impulsion du Dr Yemi Kale, réaffirme son rôle pivot dans le déploiement d’initiatives structurantes telles que le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) et le Fonds d’ajustement de la ZLECAf. La réussite de cette transformation repose sur une action concertée des institutions régionales et des États. En surmontant les défis structurels actuels, le continent pourra non seulement renforcer sa compétitivité globale, mais également libérer pleinement son potentiel économique au profit de ses populations.
