Dans un discours empreint de reconnaissance et de réflexion stratégique, le président sortant d’Afreximbank, Benedict Oramah, est revenu sur les grandes étapes d’une décennie d’action et de transformation institutionnelle. En saluant le rôle des membres du conseil, du personnel, des actionnaires et des partenaires, il a rappelé que la Banque n’est pas une institution financière ordinaire, mais le bras opérationnel d’un mouvement continental visant à concrétiser les aspirations économiques et sociales de l’Afrique. Dès son arrivée, Oramah dit avoir perçu Afreximbank comme une plateforme d’émancipation collective, capable de catalyser la souveraineté économique africaine à travers le commerce, l’industrialisation et l’intégration régionale.
Nommé à la présidence en septembre 2015, Oramah a inscrit son mandat dans une stratégie de rupture et de transformation structurelle. À une période marquée par une crise des matières premières et un ralentissement des dynamiques industrielles, il a appelé à une vision audacieuse et intégrée du développement du commerce. Pour lui, l’Afrique devait rompre avec la dépendance aux modèles extérieurs et construire ses propres instruments de croissance. Sous sa direction, Afreximbank s’est ainsi attaquée aux dix objectifs fondateurs de sa création, en assumant une politique d’innovation institutionnelle et financière destinée à « perturber de manière constructive le statu quo ». Cette orientation a reposé sur une conviction forte : la transformation du continent passe par des dirigeants capables d’unir courage, patience et compétences au service d’un projet collectif.
Sur le terrain, cette ambition s’est traduite par une série d’initiatives concrètes et structurantes. Afreximbank a contribué à la suppression des obstacles à l’information commerciale grâce à la création des Centres de commerce Afreximbank pour l’Afrique (AATC), véritables plateformes de renseignement économique et d’appui aux échanges intra-africains. Près de 500 normes industrielles et pharmaceutiques ont été harmonisées afin de faciliter la circulation des biens et des services à travers le continent. La Banque a également lancé, en collaboration avec le COMESA et le Secrétariat de la ZLECAf, le Système africain collaboratif de garantie de transit doté d’une garantie d’un milliard de dollars, un outil clé pour fluidifier les échanges et sécuriser la logistique régionale.
Une décennie de résultats et de partenariats structurants
Sous la présidence d’Oramah, Afreximbank a renforcé sa capacité de financement et d’investissement dans des projets structurants. L’appui à la création de zones économiques spéciales et de parcs industriels a favorisé l’industrialisation locale et les exportations de produits manufacturés. La Banque a également soutenu le développement d’industries lourdes, à l’image de la raffinerie et de l’usine pétrochimique Dangote. Sur le plan sanitaire, elle a initié le programme African Medical Centre of Excellence (AMCE), comprenant 27 projets dédiés à l’accès aux soins de qualité. Pendant la pandémie de COVID-19, Afreximbank s’est illustrée par son rôle de bouclier financier, mobilisant plus de 10 milliards de dollars pour la riposte sanitaire et 2 milliards de dollars pour l’achat de vaccins destinés à l’Afrique et aux Caraïbes.
Les résultats financiers témoignent de cette trajectoire ascendante. En dix ans, le bilan d’Afreximbank a été multiplié par huit, passant de 6 à près de 44 milliards de dollars. Les revenus et les bénéfices ont suivi la même progression, permettant à l’institution de distribuer près de 1,4 milliard de dollars de dividendes à ses actionnaires entre 2015 et 2024. Oramah a tenu à souligner que ces performances ne sont pas le fruit du hasard, mais celui d’une vision partagée, nourrie par la coopération entre les institutions régionales. Il a rendu hommage aux partenariats clés conclus avec le Secrétariat de la ZLECAf, le Centre du commerce international (ITC), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC), autant d’alliances ayant renforcé la résilience économique du continent.
En conclusion, Benedict Oramah a réaffirmé la nécessité pour l’Afrique de consolider ses acquis en matière d’indépendance sanitaire, industrielle et technologique. À travers la collaboration avec le King’s College Hospital de Londres, Afreximbank a déjà posé les jalons d’une infrastructure médicale de classe mondiale au Nigéria, symbole d’une Afrique capable d’investir dans son propre avenir. Fidèle à sa vision initiale, Oramah considère que la transformation du continent repose avant tout sur la solidité des institutions, la coopération régionale et la maîtrise de la connaissance économique. Son passage à la tête d’Afreximbank restera ainsi celui d’un dirigeant qui a su conjuguer rigueur financière, ambition continentale et conviction panafricaine au service d’une nouvelle ère de souveraineté économique africaine.
