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Cacao : vers un bloc ivoiro-ghanéen pour peser sur les prix mondiaux

par Jocelyne Bosson

À l’aube du sommet des Chefs d’État prévu ce mardi à Abidjan, Dr Ransford Abbey, directeur général du COCOBOD, a plaidé ce lundi 15 juin 2026 pour un renforcement radical de la coopération entre le Ghana et la Côte d’Ivoire. Réunis au Sofitel Hôtel Ivoire dans le cadre de la 7e réunion du Comité de pilotage de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG), les acteurs de la filière ont réaffirmé que l’unité est le levier indispensable pour garantir la durabilité du secteur et, surtout, pour améliorer concrètement les revenus des millions d’agriculteurs qui assurent la survie de cette industrie.

Le message du Dr Abbey est sans équivoque : si des avancées significatives ont déjà été enregistrées, la viabilité à long terme de la filière dépendra de la solidité de la confiance mutuelle entre Accra et Abidjan. Pour le dirigeant ghanéen, il est crucial de maintenir une stratégie harmonisée, particulièrement sur la question épineuse de la tarification du cacao. Il a insisté sur le fait que la transparence et l’honnêteté dans les échanges bilatéraux constituent le socle nécessaire pour transformer ce partenariat en un véritable instrument de puissance économique.

Représentant plus de 60 % de l’offre mondiale, le duo ivoiro-ghanéen détient un poids structurel inédit dans la chaîne de valeur du cacao. Forte de cette influence, l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana se doit désormais de dépasser le simple cadre du dialogue pour s’engager dans des actions coordonnées et percutantes. Cette exigence de cohérence stratégique vise à passer d’une position de dépendance face au marché international à une posture proactive, capable d’infléchir durablement les dynamiques de prix en faveur des nations productrices.

En somme, ce rendez-vous d’Abidjan marque une étape décisive pour la souveraineté cacaoyère régionale. En alignant leurs politiques et en unissant leurs voix avant le sommet présidentiel, le Ghana et la Côte d’Ivoire ne cherchent pas seulement à défendre leurs économies nationales, mais bien à dicter les conditions d’un marché mondial plus équitable. La capacité des deux pays à transformer cette ambition commune en résultats tangibles déterminera, à court terme, la revalorisation effective du travail de millions de planteurs sur le terrain.

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