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CANEX 2026 : Afreximbank injecte 2 milliards $ pour monétiser la création africaine

par Kamagaté Issouf

À l’ouverture du CANEX WKND 2026, le 5 novembre à Lagos, le vice-Président nigérian Kashim Shettima a appelé les nations africaines à structurer et valoriser leur patrimoine culturel pour en faire un puissant levier d’attractivité. Réunis au Wole Soyinka Centre for Culture and Creative Arts, situé au sein du National Theatre à Iganmu, décideurs et investisseurs ont réaffirmé leur volonté de transformer le potentiel artistique du continent en une industrie génératrice d’emplois et d’investissements majeurs. Soulignant cette transition historique de la célébration vers la monétisation, Kashim Shettima a déclaré : « En 1977, nous étions venus célébrer notre culture. Aujourd’hui, nous sommes réunis pour en tirer profit, en transformant les applaudissements du monde en contrats et son admiration en marchés. Nous devons également transformer le talent de notre jeunesse en une richesse durable. »

Face aux défis structurels de la chaîne de valeur, le vice-Président a placé la propriété intellectuelle et le financement au cœur des réformes prioritaires du gouvernement nigérian. Sous la conduite du Président Bola Ahmed Tinubu, le Nigéria renforce ses cadres de protection des droits d’auteur tout en accélérant son intégration dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) pour faciliter l’exportation des contenus culturels. « La créativité est désormais un secteur commercial à part entière et nous entendons la traiter comme tel », a affirmé Kashim Shettima, tout en appelant les gouvernements africains à lever d’urgence les barrières douanières et réglementaires qui entravent la libre circulation transfrontalière des films, de la musique et des œuvres artistiques.

Pour appuyer cette dynamique commerciale, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a officialisé une enveloppe stratégique de 2 milliards de dollars destinée au secteur créatif africain à l’horizon 2027. Saluant cette décision institutionnelle, le vice-Président a rappelé les retombées de l’édition 2024 organisée à Alger, qui avait réuni près de 4 000 participants issus de 81 pays et généré plus de 540 millions de dollars d’accords commerciaux. Sur le plan national, la ministre fédérale de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Dr Jumoke Oduwole, a précisé les mécanismes de financement opérationnels : « Par l’intermédiaire de la Bank of Industry, le Gouvernement Fédéral débloque plus de 600 millions de dollars US de financements pour les entreprises numériques et créatives dans le cadre du programme iDICE. »

L’attractivité du marché nigérian s’est concrétisée directement au cœur du sommet à travers des sessions d’affaires intensives. La ministre Dr Jumoke Oduwole a mis en avant l’impact immédiat des espaces de négociation : « Aujourd’hui, j’ai visité plusieurs espaces de négociation (deal rooms) que nous avons co-organisés avec Afreximbank. Des entrepreneurs nigérians y discutaient de projets de transactions d’une valeur supérieure à 500 millions de dollars US. Nous avions promis d’amener les acheteurs et les investisseurs ici ; aujourd’hui, les créateurs nigérians négocient directement avec eux à Lagos. Notre ambition est de concrétiser des accords pour chaque segment de l’économie créative, du sport et du jeu vidéo aux technologies créatives, aux infrastructures, aux arts et à la gastronomie. Cette candidature était destinée à chaque jeune Nigérian qui envisage un avenir dans cette industrie. Elle visait l’emploi, l’économie et une prospérité partagée. »

Quant au gouverneur de l’État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, a salué le choix de la métropole nigériane pour accueillir le CANEX WKND 2026, y voyant la confirmation du statut de Lagos comme hub central des industries culturelles africaines. Le retour symbolique de ce rassemblement continental au National Theatre, près de cinq décennies après le Festac ’77, consacre la mutation du paysage économique local. En combinant protection juridique, financements d’envergure et accès direct aux investisseurs internationaux, l’Afrique pose à Lagos les bases d’une économie créative structurée, compétitive et pérenne.

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