Le commerce mondial connaît une mutation profonde en ce mois de septembre 2026, portée par la montée en puissance des services qui redessinent l’économie internationale. Si ce secteur dynamique stimule la production et transforme les chaînes de valeur, il met simultanément en lumière de profondes disparités structurelles. L’essor fulgurant des services numériques, en particulier, creuse un fossé manifeste entre les nations industrialisées et les économies les plus vulnérables.
Au cœur de cette transformation, les services sont désormais devenus un pilier incontournable de la production mondiale et des modèles économiques d’entreprise. Ils soutiennent activement l’activité manufacturière, dynamisent l’agriculture et renforcent l’intégration des pays dans les chaînes de valeur mondiales. Cette omniprésence témoigne de leur rôle transversal, faisant d’eux le nouveau moteur de la croissance et de la compétitivité à l’échelle planétaire.
Cependant, les bénéfices de cette expansion ne sont pas répartis équitablement, plaçant de nombreux pays en développement face à des défis majeurs. Les pays les moins avancés (PMA) se heurtent en effet à des obstacles structurels persistants qui entravent lourdement leur participation au commerce des services numériques, c’est-à-dire ceux fournis à distance via les réseaux informatiques. Cette fracture numérique menace d’isoler davantage ces économies du nouveau paradigme commercial.
L’analyse de la structure de production confirme l’intégration croissante des services dans l’économie réelle. En 2022, ils représentaient 71 % des consommations intermédiaires mondiales, un taux atteignant 78 % dans les pays développés contre 61 % dans les économies en développement. De plus, ils entrent pour 33 % dans les intrants des exportations industrielles des pays développés, contre 27 % pour les pays en développement et seulement 13 % pour les PMA, illustrant un fossé technologique et productif.
Du côté des flux internationaux, la dynamique est vigoureuse mais asymétrique. Les exportations mondiales de services ont progressé d’environ 6,7 % par an sur la dernière décennie et de 8,3 % en 2025, les services numériques affichant une croissance annuelle de 7,1 % pour s’établir à 56 % des exportations globales de services. Face à cette vitalité, les PMA font figure de parents pauvres avec une progression de seulement 3 % par an et une part des exportations mondiales tombée à 0,6 % en 2025.
Enfin, le gouffre est particulièrement visible dans la structure des exportations des pays vulnérables. Les services fournis par voie numérique ne pèsent que 16 % des exportations de services des PMA, contre 61 % dans les économies développées. Une meilleure mesure statistique de ces flux intégrés s’avère donc essentielle pour concevoir des politiques ciblées de compétitivité, de diversification et de développement capables d’inclure les PMA dans la marche du monde.
Source : CNUCED
