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Côte d’Ivoire : le secteur minier artisanal se structure pour viser les 5 tonnes d’or

par Paul De Kouamé

La deuxième édition du workshop « Mine & Deal », organisée à Yamoussoukro le 30 avril 2026 par le Groupement des artisans miniers de Côte d’Ivoire (GRAMCI), a mis en lumière la mutation de l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE). Le secteur affiche une vitalité croissante avec 279 nouvelles autorisations délivrées au cours de l’année 2025, portant le nombre total de titres valides à 820 sur l’ensemble du territoire national. Cette dynamique s’est traduite par une production concrète de 977,2 kilogrammes d’or, extraits majoritairement par le segment semi-industriel, confirmant le poids économique de cette filière.

Malgré ces performances, le secteur fait face à des blocages structurels liés à l’enclavement technologique et au manque de données géologiques précises. Pour pallier ces insuffisances, les acteurs du GRAMCI et les autorités institutionnelles, dont la SODEMI, préconisent une modernisation axée sur la géolocalisation et la cartographie. Ces outils techniques sont présentés comme les leviers essentiels pour sécuriser les investissements des opérateurs légaux et lutter efficacement contre l’orpaillage clandestin, tout en assurant une gestion rigoureuse de l’impact environnemental des exploitations.

Une étape décisive vers la formalisation a été franchie avec l’annonce de la création d’une confédération des organisations professionnelles des petites mines. Cette nouvelle instance vise à unifier une filière historiquement fragmentée pour établir un dialogue structuré avec l’État et les partenaires techniques. En réponse, le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie s’est engagé à adapter le cadre réglementaire en vigueur afin de faciliter la transition des artisans miniers vers la légalité et de réduire les lourdeurs administratives qui freinent encore le développement du segment.

Pour l’avenir, le secteur mise sur des objectifs productifs ambitieux à travers le programme « 100 AESI – 5 tonnes », destiné à porter la productivité nationale à des standards industriels. Ce plan de croissance s’accompagne d’une volonté d’aligner les méthodes de travail sur les normes internationales de durabilité pour transformer l’activité de subsistance en une industrie artisanale responsable. L’enjeu final de cette restructuration est de faire de la petite mine un pilier de croissance inclusive, capable de contribuer durablement à la prospérité du tissu économique ivoirien.

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