Et si le véritable moteur de la transformation numérique en Côte d’Ivoire résidait désormais dans les mains du secteur privé ? En mobilisant les acteurs économiques autour de 40 projets structurants, la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) a marqué un tournant. Loin des simples visions étatiques, la feuille de route présentée dévoile une ambition claire : faire du numérique le pilier d’une économie nationale souveraine et ultra-compétitive.
Le message délivré ce mardi 15 septembre à la Maison de l’Entreprise au Plateau est sans équivoque. À l’occasion de la série « Focus PND » impulsée par le ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique, la stratégie globale du Plan National de Développement (PND) 2026-2030 a révélé un changement radical de modèle : 70,2 % du financement global reposera sur l’investissement privé.
Pour Ahmed Cissé, Président de la CGECI, cette centralité du patronat n’est pas seulement une opportunité d’affaires, c’est une responsabilité historique. Les entreprises nationales s’imposent ainsi comme les véritables co-pilotes de cette mue structurelle, décidées à canaliser les capitaux vers des secteurs à fort impact.
Au cœur de cette dynamique, six opportunités d’investissement majeures ont été passées au crible, représentant un budget estimatif colossal de 541,3 milliards de FCFA. L’objectif affiché par les pouvoirs publics et les organisations patronales est d’envergure : propulser la contribution du secteur numérique dans le Produit Intérieur Brut (PIB) de près de 6 % aujourd’hui à 15 % d’ici 2030.
Pour atteindre ce cap, la stratégie ne se limite pas à une simple expansion technologique. Elle s’articule rigoureusement autour de sept piliers cardinaux pensés pour bâtir un écosystème pérenne, notamment la connectivité globale et la modernisation de l’administration, socles de l’efficacité opérationnelle, l’essor technologique et le déploiement d’une Intelligence Artificielle (IA) souveraine, garantissant l’indépendance des données et des algorithmes. Ainsi que la cybersécurité et la formation des compétences numériques, indispensables pour sécuriser la croissance et outiller la jeunesse.
En structurant des mécanismes incitatifs sur-mesure pour les investisseurs et le patronat, la Côte d’Ivoire ne cherche pas seulement à moderniser ses infrastructures internes. Le pays pose les jalons d’un leadership continental affirmé. En transformant ces 40 projets d’envergure en réalités économiques, le secteur privé ivoirien démontre qu’il a la maturité et l’audace nécessaires pour faire du numérique le catalyseur absolu de sa souveraineté financière et technologique.
