Le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a instauré le vendredi 13 mars 2026 un nouveau paradigme pour le secteur des VTC en Côte d’Ivoire. Cette réforme historique vise à encadrer l’activité des géants technologiques, à l’image de Yango, en substituant au laisser-faire une stratégie de régulation proactive. L’enjeu dépasse la simple gestion de flotte : il s’agit de concilier les impératifs de rentabilité des multinationales avec la protection du pouvoir d’achat des Ivoiriens, tout en garantissant un environnement de travail digne et rémunérateur pour les acteurs de terrain.
Le cœur technique de cette réforme repose sur une intervention directe dans les mécanismes de tarification algorithmique. Le gouvernement prévoit notamment le plafonnement des commissions prélevées par les plateformes et l’instauration d’un tarif plancher, créant ainsi un filet de sécurité financier pour les chauffeurs. En s’attaquant au surge pricing (les hausses de prix brutales lors des pics de demande) et en exigeant une transparence totale des algorithmes, le ministère entend supprimer l’asymétrie d’information qui pénalisait jusqu’ici tant les conducteurs que les passagers.
Pour assurer la viabilité de ces mesures, un comité technique de haut niveau entrera en fonction dès le début du mois d’avril 2026. Ce groupe de travail, piloté par le cabinet ministériel, adopte une approche de co-construction en intégrant l’administration, les opérateurs numériques, les syndicats de conducteurs et les associations de consommateurs. Cette méthode collaborative dispose d’un calendrier serré de trois mois pour transformer ces axes de réflexion en un cadre réglementaire rigoureux, lequel sera soumis à l’arbitrage du gouvernement pour une application rapide.
Cette restructuration s’inscrit dans une vision globale de modernisation de la mobilité urbaine, venant renforcer les dispositifs existants de lutte contre l’incivisme routier. En normalisant le statut des VTC, l’État ivoirien ne se contente pas de réguler les prix ; il valorise durablement une profession stratégique et sécurise le parcours des usagers. Ce nouveau cadre légal ambitionne de faire de la Côte d’Ivoire un modèle continental en matière de régulation des plateformes de services, prouvant qu’innovation technologique et protection sociale peuvent coexister.
