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Ghana : un plan de 3,5 milliards de dollars pour relancer la production pétrolière 

par Jocelyne Bosson

Le gouvernement ghanéen a annoncé plus de 3,5 milliards de dollars d’engagements d’investissement afin d’enrayer la baisse continue de la production pétrolière observée depuis six ans. Cette décision annoncée, lors de la présentation du budget et de la politique économique pour 2026 par le ministre des Finances, le Dr Cassiel Ato Forson, intervient alors que la production nationale est tombée à son plus bas niveau depuis 2019, atteignant 18,42 millions de barils au premier semestre 2025 contre 24,86 millions un an plus tôt, soit une chute de 26 % selon les données du Comité d’intérêt public et de responsabilité. La tendance baissière, imputée à l’épuisement progressif des champs existants, à l’absence de nouvelles découvertes et à six années consécutives sans nouveaux accords pétroliers, a considérablement réduit les recettes publiques, celles-ci passant de 840,77 millions de dollars au premier semestre 2024 à 370,34 millions en 2025.

Dans la présentation du budget et de la politique économique pour 2026, le ministre des Finances, le Dr Cassiel Ato Forson, a souligné que les réformes engagées ont permis de mobiliser un accord-cadre de 2 milliards de dollars pour les champs Jubilee et TEN, qui prévoit le forage de 20 nouveaux puits, ainsi qu’un protocole d’intention de 1,5 milliard de dollars relatif au projet Offshore Cape Three Points. Il a indiqué que l’amélioration de l’environnement d’investissement attire désormais de grandes compagnies internationales telles que Shell, tandis que la Ghana National Petroleum Corporation débutera des opérations de forage dans le bassin offshore de Voltain en octobre 2026. Parallèlement, une révision du cadre fiscal et réglementaire est en cours afin de renforcer la compétitivité et la transparence du secteur.

Le budget 2026 inclut également une demande d’approbation d’une politique d’investissement révisée des Fonds pétroliers du Ghana, prévue par la loi sur la gestion des revenus pétroliers. Le ministre des Finances a rappelé que les fonds pétroliers n’avaient généré qu’un rendement annuel d’environ 1 % depuis 2011, en raison d’investissements concentrés dans des titres étrangers à faible risque. Le gouvernement propose désormais d’élargir la gamme des instruments admissibles afin de permettre des investissements dans des projets énergétiques ghanéens viables, notamment dans les infrastructures gazières et électriques, afin de stimuler l’industrialisation, l’emploi et de renforcer les rendements à long terme. Cette orientation s’inscrit dans les pratiques internationales observées chez plusieurs fonds souverains majeurs.

Toutefois, ces réformes suscitent des réserves. Le Centre africain pour l’énergie durable a mis en garde contre une mobilisation des Fonds pétroliers pour financer des projets nationaux, estimant qu’un tel changement affaiblirait leur fonction de stabilisation, notamment en raison de leur libellé en dollars et de l’exposition au risque commercial local. L’institut a également alerté sur le risque de reproduire des choix coûteux du passé, citant le projet de centrale thermique publique de 1 200 MW prévu pour 2026, alors que le secteur accumule déjà plus de 1,4 milliard de dollars de dettes liées à une surcapacité persistante. Par ailleurs, l’ASEC a dénoncé la sous-utilisation des fonds de l’ABFA, soulignant que seulement 0,43 % des 290 millions de dollars disponibles avaient été déployés en septembre 2025, une situation qui, selon l’institut, entrave la mise en œuvre du programme d’infrastructures Big Push et limite l’impact économique des recettes pétrolières.

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