Le Nigeria a procédé en 2025 à une révision majeure de ses indicateurs macroéconomiques, avec un rebasage de son produit intérieur brut (PIB) basé sur l’année de référence 2019. Ce changement méthodologique a permis de mieux capter l’évolution de l’économie nigériane, en y intégrant des secteurs jusque-là sous-évalués, tels que l’économie numérique, la santé assurantielle ou encore les régimes de retraite. En conséquence, la taille de l’économie nigériane est désormais estimée à 243,5 milliards de dollars en 2024, contre 187 milliards précédemment, selon les données officielles publiées par le Bureau national des statistiques (NBS).
L’impact de ce rebasage se fait nettement sentir sur les indicateurs de soutenabilité de la dette publique. Alors qu’elle représentait environ 50 % du PIB avant la révision, la dette publique nigériane tombe désormais à 38,6 %, bien en deçà des seuils de prudence fixés par le gouvernement et les institutions financières internationales. Cette reclassification renforce l’image de solvabilité du pays, même si les fondamentaux budgétaires restent fragiles. La dette extérieure représente 18,8 % du PIB, tandis que la dette domestique atteint 19,9 %, illustrant une répartition équilibrée mais toujours sensible aux aléas de financement.
Ce nouveau cadre statistique offre également une lecture différente de la structure économique nationale. L’agriculture connaît une réévaluation de son poids dans le PIB, passant de 22,1 % à 25,8 %, tandis que le secteur industriel voit sa part reculer à 21 %. Le secteur tertiaire reste largement dominant avec une contribution de 53,9 %, renforçant le positionnement du Nigeria comme une économie orientée vers les services. Cette recomposition sectorielle reflète à la fois les mutations économiques en cours et la montée en puissance des services numériques, de la finance et des télécommunications.
Enfin, la dynamique de croissance est également revue à la hausse : le taux de croissance réel du PIB est estimé à 3,3 % en 2024, avec une progression de 3,13 % au premier trimestre 2025. Si ces ajustements améliorent les indicateurs de performance, ils soulignent également les défis persistants en matière de fiabilité des données et d’inclusion de l’économie informelle. Pour les investisseurs et partenaires internationaux, cette révision constitue une mise à jour nécessaire, mais elle rappelle aussi l’importance de disposer de statistiques économiques robustes pour une évaluation réaliste des risques et opportunités au Nigeria.
