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Le Ghana veut réduire sa dépendance au dollar : le cedi s’impose dans les contrats gouvernementaux

par Jocelyne Bosson

Dans une décision audacieuse pour renforcer la souveraineté économique, le gouvernement ghanéen a annoncé que tous les contrats publics doivent désormais être libellés et exécutés exclusivement en cédis ghanéens, quelle que soit la source de financement. Publiée le 24 juillet 2025 par le président John Dramani Mahama et soutenue par le ministre des Finances, cette directive réactive les dispositions de la loi sur les changes de 2006, longtemps ignorées dans les transactions publiques et privées. L’objectif est clair : protéger la monnaie locale, améliorer la discipline budgétaire et réduire la dépendance excessive au dollar américain, dont l’usage généralisé avait alimenté la dépréciation du cedi et épuisé les réserves internationales.

Le poids historique de la dollarisation du secteur public a créé une demande artificielle de devises, affaiblissant la monnaie locale et compliquant la politique monétaire. Entre 2020 et 2024, le cedi s’est déprécié de plus de 135 % face au dollar, tandis que les réserves internationales ont chuté de près de 40 %. Les experts, tels que le Dr Nii Kwaku Sowa et le Dr Steve Hanke, estiment que l’usage systématique de devises étrangères fausse la politique monétaire et fragilise la souveraineté nationale. La nouvelle directive constitue donc un effort stratégique pour réaligner les transactions publiques avec la monnaie nationale et rétablir la stabilité macroéconomique.

Au-delà de la défense de la monnaie, cette mesure devrait stimuler l’investissement et renforcer les entreprises locales. Les contrats libellés en cédis offrent un cadre plus équitable pour les entrepreneurs nationaux, réduisent le coût de financement des PME et limitent l’exposition du secteur public aux fluctuations du dollar. La Banque du Ghana pourra également mieux gérer les taux d’intérêt et cibler l’inflation, dans un contexte où les pressions inflationnistes sont étroitement liées à la dépréciation de la monnaie. Une application efficace de cette directive pourrait générer des bénéfices macroéconomiques significatifs dans un horizon de 12 à 24 mois.

Toutefois, le succès de cette réforme repose sur sa mise en œuvre rigoureuse et sur l’adhésion de l’ensemble des institutions publiques. Les mécanismes de contrôle et de suivi doivent être visibles et stricts, sous peine de transformer cette initiative en un « tigre de papier ». Le soutien politique, la discipline administrative et la responsabilisation des ministères et agences seront déterminants pour que le Ghana convertisse cette orientation stratégique en une véritable consolidation de sa souveraineté économique. Le message est clair : le cedi d’abord, le Ghana plus fort ensuite.

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