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Marché des titres publics : La Côte d’Ivoire lève près de 88 milliards FCFA sous une forte demande

par Paul De Kouamé

Le Trésor public ivoirien a confirmé la solidité de sa signature sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) le 24 mars 2026. À l’issue d’une émission simultanée de Bons et d’Obligations Assimilables du Trésor (BAT et OAT), la Côte d’Ivoire a mobilisé un montant total de 87,999 milliards FCFA. Cette opération, orchestrée par l’agence UMOA-Titres, s’inscrit dans la stratégie de financement de l’État visant à mobiliser des ressources sur le marché régional pour soutenir les engagements budgétaires du pays.

Le succès de cette adjudication se reflète particulièrement dans l’engouement des investisseurs institutionnels. Alors que le montant initial mis en adjudication était de 80 milliards FCFA, les soumissions globales ont atteint un niveau record de 256,526 milliards FCFA. Ce volume d’offres exceptionnel porte le taux de couverture de l’opération à 320,66 %, témoignant de l’abondance de la liquidité et de la confiance renouvelée des investisseurs envers les fondamentaux macroéconomiques de la Côte d’Ivoire dans un contexte régional pourtant sélectif.

Dans le détail, l’intervention a permis de segmenter les maturités pour répondre aux différents profils de risque. Le Trésor a retenu 12,13 milliards FCFA sur les bons à 364 jours, tandis que le segment obligataire a capté l’essentiel de la levée avec 14,013 milliards FCFA pour les titres à 3 ans et 61,855 milliards FCFA pour les obligations à 5 ans. Cette prépondérance des maturités longues (5 ans) illustre une volonté des autorités financières de rallonger la maturité moyenne de la dette publique tout en stabilisant les ressources permanentes.

Enfin, l’analyse des conditions de financement révèle une courbe des taux cohérente avec les dynamiques de marché actuelles. Les rendements moyens pondérés se sont établis à 5,20 % pour le court terme (un an), progressant à 6,81 % pour les titres à 3 ans et à 7,30 % pour la maturité à 5 ans. Ces niveaux de rémunération, différenciés selon l’échéance, démontrent une gestion rigoureuse du coût de la dette, la Côte d’Ivoire parvenant à capter des volumes importants tout en contenant les taux de rendement dans des marges compétitives par rapport à la moyenne régionale.

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