Le Conseil de gouvernement du Maroc a adopté, le jeudi 14 mai, le projet de décret n° 2.26.395, présenté par le ministre délégué chargé du Budget, portant ouverture de crédits supplémentaires au profit du budget général de l’État. Cette mesure technique s’appuie sur les dispositions de l’article 60 de la loi organique relative à la loi de finances, permettant la mobilisation de ressources additionnelles en cours d’exercice. L’objectif est de répondre à des dépenses exceptionnelles et imprévues survenues au titre de l’année budgétaire 2026, garantissant ainsi la flexibilité financière de l’État face aux aléas conjoncturels.
Cette rallonge budgétaire est prioritairement destinée à atténuer les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient sur le marché national. Les fonds débloqués visent à absorber la volatilité des cours mondiaux des matières premières énergétiques, notamment le gaz naturel, le fioul et le charbon. Par ce mécanisme d’intervention, le gouvernement entend maintenir la stabilité des tarifs de l’électricité, du gaz butane, ainsi que des services de transport de personnes et de marchandises, afin de protéger directement le pouvoir d’achat des ménages contre l’inflation importée.
Conformément aux Hautes Instructions Royales, une part de ces crédits est spécifiquement allouée au financement des dispositifs d’urgence déployés dans les régions du Gharb et du Loukkos. Ces ressources permettent de couvrir les mesures de secours et de réhabilitation nécessaires suite aux inondations ayant frappé ces zones agricoles stratégiques. Cette allocation souligne la fonction de stabilisation sociale du budget de l’État en période de catastrophes naturelles, assurant une continuité de l’aide publique pour les populations sinistrées.
Enfin, le décret prévoit le renforcement des fonds propres de certains établissements et entreprises publics (EEP) pour consolider leur structure financière face à l’instabilité géopolitique globale. En couvrant diverses dépenses exceptionnelles liées à l’évolution de la conjoncture internationale, l’Exécutif cherche à renforcer la résilience des opérateurs publics. Cette décision s’inscrit dans une volonté de maintenir les mécanismes de soutien économique et social tout en dotant l’appareil étatique des capacités de réaction indispensables à la gestion des chocs énergétiques et financiers mondiaux.
