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Nationalisation de la SOMAÏR : tensions croissantes entre Orano et le Niger

par Paul De Kouamé

Le 19 juin 2025, le gouvernement nigérien a annoncé la nationalisation de la SOMAÏR, seule mine d’uranium encore active dans le pays, accentuant un conflit de plus en plus ouvert avec le groupe français Orano. Ce dernier, qui détenait 63,40 % de l’actif, en a perdu le contrôle opérationnel depuis décembre 2024. Orano conteste cette décision, dénonçant une mesure unilatérale et injustifiée, et tout en réaffirmant sa volonté de défendre ses intérêts, reste encore évasif quant aux moyens précis qu’il entend mobiliser pour répondre à cette expropriation.

Le groupe a néanmoins entamé deux procédures d’arbitrage auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), et envisage désormais des actions supplémentaires, potentiellement de nature pénale. Selon Baptiste Rigaudeau, avocat spécialisé en arbitrage international, il est peu probable qu’un nouvel arbitrage soit lancé spécifiquement sur la nationalisation, étant donné qu’un contentieux similaire est déjà en cours depuis janvier. En revanche, Orano pourrait renforcer son dossier en intégrant les nouveaux éléments liés à cette expropriation.

Le différend prend une tournure plus large avec des accusations portées par le Niger sur la répartition jugée inéquitable des ressources de la SOMAÏR. Selon les autorités nigériennes, Orano aurait prélevé 86,3 % de l’uranium commercialisé depuis 1971, soit bien au-delà de sa participation, tandis que SOPAMIN, partenaire public nigérien avec 36,60 % de parts, n’en aurait reçu que 9,2 %. Orano rejette ces allégations, affirmant que le Niger n’a pas toujours exercé ses droits de prélèvement, notamment en période de baisse des prix de l’uranium.

Ce bras de fer s’inscrit dans un contexte de redéfinition géopolitique au Sahel, marqué par une volonté des États comme le Niger, le Mali ou le Burkina Faso de renforcer leur souveraineté sur leurs ressources naturelles. Le différend avec Orano, doublé d’une autre procédure opposant Niamey à la société canadienne GoviEx, pourrait affecter l’attractivité du Niger auprès des investisseurs étrangers. L’issue de l’arbitrage, qui pourrait s’étendre sur plusieurs années, aura des répercussions financières significatives et pèsera sur la perception du climat des affaires dans le pays.

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