Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), dans ses Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2026, avertit le gouvernement ghanéen d’une phase de contraintes accrues pour ses politiques budgétaire et monétaire. Le conflit au Moyen-Orient est identifié comme le principal facteur de risque, provoquant une hausse des prix des matières premières et un durcissement des conditions financières mondiales. Pour 2026, le Fonds a révisé la croissance mondiale à la baisse (3,1 %) et prévoit une inflation à 4,4 %, tout en soulignant que des scénarios plus pessimistes pourraient ramener la croissance à 2 % en cas d’escalade des tensions énergétiques.L’économie ghanéenne subit déjà les répercussions de cette instabilité avec une envolée des prix des carburants à la pompe, l’essence ayant progressé de 15 % pour atteindre 13,30 GH¢ le litre et le diesel de 19 % à 17,10 GH¢ début avril. Cette hausse suit la trajectoire du baril de Brent, passé de 70 USD fin février à plus de 110 USD fin mars. En réponse, le cabinet présidentiel a décrété une suspension temporaire de certaines taxes sur les carburants pour quatre semaines et le déploiement accéléré des bus Metro Mass Transit. Le FMI recommande toutefois de limiter ces interventions générales au profit de soutiens temporaires et ciblés via les filets de sécurité sociale existants.
La situation macroéconomique reste fragile avec une dette publique s’élevant à 56 % du PIB et des réserves de change couvrant 5,8 mois d’importations. Le FMI insiste sur l’urgence de reconstituer des réserves budgétaires et de mettre en œuvre des cadres crédibles à moyen terme fondés sur la mobilisation des recettes intérieures et l’efficacité des dépenses. Sur le plan monétaire, bien que l’inflation ait ralenti à 3,2 % en mars 2026, la Banque mondiale met en garde contre la fragilité de cette tendance, la hausse des coûts de l’énergie et des produits alimentaires pouvant contraindre à un nouveau resserrement des taux directeurs.
Face à ces défis, le ministre des Finances, Cassiel Ato Forson, souligne la résilience de l’économie nationale, notamment grâce à l’augmentation de la production de gaz qui atténue l’impact des chocs énergétiques extérieurs. Cependant, des faiblesses structurelles persistent dans la distribution d’énergie, incitant les autorités à envisager une participation accrue du secteur privé. Parallèlement, le FMI réaffirme son soutien par le conseil stratégique et le renforcement des capacités, tout en appelant à une coopération internationale renforcée pour stabiliser les chaînes d’approvisionnement et réduire l’incertitude liée à la politique commerciale mondiale.
