Le candidat à l’élection présidentielle de 2025, Ahoua Don Mello, a présenté son programme de gouvernance lors de la tribune « Face au Patronat », organisée par la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI), le vendredi 17 octobre 2025 à la Maison de l’entreprise au Plateau. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre des échanges entre les acteurs politiques et le secteur privé, visait à permettre aux chefs d’entreprises d’apprécier les orientations économiques, sociales et environnementales des différents candidats. Dans son intervention, M. Don Mello a structuré sa vision autour de trois piliers : la démocratie, la souveraineté et le panafricanisme, ambitionnant de conduire la Côte d’Ivoire vers une véritable gouvernance démocratique et une économie industrialisée.
Développant sa pensée, le candidat a affirmé vouloir transformer la Côte d’Ivoire en championne africaine de la transformation locale des matières premières, rompant ainsi avec la dépendance structurelle aux exportations de produits bruts. Selon lui, la transition vers une économie de production et de valeur ajoutée passe par une réforme profonde du cadre institutionnel et économique. Il a dénoncé les dérives du parti-État, qu’il considère comme un frein à la démocratie et à la performance économique, et a réitéré sa volonté d’instaurer un État impartial, garant d’un environnement propice à la libre initiative et à la compétitivité du secteur privé.
Interpellé sur la problématique de l’accès au financement pour les entreprises locales, Ahoua Don Mello a proposé une approche volontariste centrée sur la réduction du taux d’intérêt des crédits et la création d’un fonds souverain national destiné à soutenir les PME ivoiriennes. Ce mécanisme, selon lui, serait alimenté par les recettes publiques et les excédents des ressources naturelles. Il a également évoqué la mise en place de zones franches économiques pour stimuler l’investissement industriel et l’emploi, soulignant que ces mesures doivent permettre de redynamiser le tissu entrepreneurial local et de renforcer l’autonomie financière du pays.
Concernant la bonne gouvernance, le candidat a prôné la création d’un « sénat des chefs d’entreprises », organe chargé de veiller à la transparence dans la gestion publique et de sanctionner les actes de malversation. Pour lui, la corruption résulte d’un déséquilibre institutionnel et d’un manque de compétence au sein de l’appareil d’État. Il a insisté sur la nécessité d’une justice équitable et indépendante comme socle de la moralisation de la vie publique. Enfin, il a rappelé son attachement à la souveraineté économique, à la mise en œuvre de la monnaie éco et au renforcement de la coopération régionale, qu’il juge prioritaires avant toute ouverture extérieure. La rencontre, marquée par une ambiance conviviale, s’est achevée en présence de Mme Mohoua Fadika-Delafosse, vice-présidente de la CGECI, et de nombreux chefs d’entreprise.
