Face à l’explosion du paysage numérique, la quête d’une information fiable s’apparente désormais à un véritable parcours du combattant pour les professionnels comme pour les usagers, souligne Samba Koné, président de l’Autorité nationale de régulation de la presse (ANP), ce lundi 23 mars, au lancement de la semaine nationale de la presse autour du thème : « « Comment mieux s’informer aujourd’hui ?». Il soutient que le risque pour le journaliste d’être submergé par une masse de diffuseurs anonymes et d’être noyé dans ce qu’il qualifie « d’océan d’infobésité », réside dans une réflexion profonde sur nos modes de consommation médiatique : mieux s’informer ne consiste plus à absorber un volume croissant d’actualités, mais à développer des réflexes rigoureux de décodage, de vérification des sources et de validation des critères d’intégrité de l’information.
Pour l’ANP, le développement d’un esprit pour le citoyen est devenu une nécessité vitale pour débusquer les pièges de la manipulation et de la désinformation. Cette vigilance active, clame l’Autorité, est le rempart indispensable contre le flot de rumeurs et d’opinions qui noie trop souvent l’information de qualité. L’objectif est de passer d’une posture de consommation passive à une démarche d’analyse systématique, permettant de distinguer les faits documentés des simples commentaires émotionnels qui saturent le débat public.
L’engagement des autorités ivoiriennes dans la lutte contre la désinformation se traduit par des actions concrètes de formation à la résilience informationnelle sur l’ensemble du territoire. Selon Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et Porte-parole du gouvernement, près de 52 000 citoyens, incluant des étudiants, des leaders communautaires et des forces de l’ordre, ont déjà été sensibilisés dans 60 villes du pays. Ces programmes visent à instaurer un cercle vertueux où la population, mieux outillée techniquement pour filtrer les contenus, incite naturellement la presse vers une excellence accrue et un respect strict des droits en ligne.
Pour le ministre de la Communication, la responsabilité sociale et la redevabilité envers la démocratie imposent aujourd’hui un journalisme de rigueur, capable de tracer une ligne claire entre le vrai et le faux. Le renforcement de l’éthique professionnelle est le corollaire indispensable à l’éducation aux médias des populations. C’est par cette double exigence (un journalisme professionnel d’un côté et des citoyens critiques de l’autre) que la Côte d’Ivoire entend stabiliser son espace public numérique et protéger l’intégrité de son débat démocratique face aux turbulences de l’excès informationnel.
