La baisse progressive de l’inflation dans plusieurs économies majeures d’Afrique subsaharienne annonce une transformation stratégique des marchés financiers régionaux, notamment en matière de devises et d’obligations. Selon EBC Financial Group, cette désinflation émergente modifie les anticipations des investisseurs et influe sur les orientations des banques centrales. Alors que le Nigeria observe un troisième mois consécutif de recul de l’inflation, le Kenya engage un cycle d’assouplissement monétaire et l’Afrique du Sud maintient la stabilité des prix malgré un contexte mondial incertain, les acteurs des marchés réévaluent leur exposition aux risques et opportunités régionaux.
Au Nigeria, l’inflation a ralenti à 22,22 % en juin 2025, contre 22,97 % en mai, selon le Bureau national des statistiques. Cette évolution reflète les effets du resserrement monétaire engagé par la Banque centrale, qui maintient son taux directeur à 27,50 %. Le naira reste stable, autour de 1 518 pour un dollar, soutenu par des réformes du marché des changes et des mesures restrictives de liquidité. Malgré un niveau d’inflation encore élevé, le pays affiche une trajectoire claire de désinflation, attirant l’attention des investisseurs sur ses obligations souveraines à rendement élevé.
Au Kenya, l’inflation maîtrisée à 3,8 % a permis à la Banque centrale d’abaisser son taux directeur à 9,75 %, marquant une sixième baisse consécutive. Cette détente monétaire soutient la performance des marchés obligataires locaux et renforce la stabilité du shilling. Le contraste est marqué avec l’Afrique du Sud, où l’inflation reste stable à 2,8 %, sous la fourchette cible de la SARB, mais où la prudence reste de mise face aux incertitudes mondiales, notamment les tensions commerciales et le ralentissement chinois, qui influencent la volatilité du rand.
Le Fonds monétaire international souligne, dans ses perspectives régionales d’avril 2025, que l’inflation moyenne en Afrique subsaharienne a chuté de 18,1 % en 2024 à 13,3 % en 2025, et devrait poursuivre sa décrue. Toutefois, cette tendance reste hétérogène, les politiques monétaires s’ajustant différemment selon les pays. Pour EBC, cette disparité constitue un levier de diversification stratégique. Le Nigeria conserve une posture restrictive, le Kenya s’oriente vers une politique accommodante, tandis que l’Afrique du Sud reste vigilante. Les investisseurs sont ainsi appelés à adopter une stratégie différenciée, en privilégiant les actifs alignés sur la trajectoire macroéconomique propre à chaque pays.
