Tops
- Calliditas (+38%) : le titre du laboratoire suédois s’est envolé après la publication des résultats d’une étude clinique de phase III. Le traitement du groupe contre les maladies rénales, Nefecon, a atteint l’objectif principal de cette étude. Une demande de mise sur le marché va être déposée auprès des agences du médicament aux Etats-Unis et en Europe.
- Coinbase (+36%) : la plateforme américaine de cryptomonnaies profite de la remontée des cryptoactifs, notamment du bitcoin repassé au-dessus de 26 000 USD. Une vigueur toujours paradoxale : la finance décentralisée pérore devant les déboires de la finance classique, alors que les établissements américains en difficultés ont aussi été fragilisés par leur exposition au secteur.
- Synlab (+35%) : le réseau de laboratoire allemand, dont la courte histoire boursière est surtout pavée de déceptions, a confirmé avoir reçu une offre indicative de rachat de son principal actionnaire, Cinven. Elle serait libellée à 10 EUR l’action, ce qui est supérieur au plancher atteint récemment à 6,69 EUR, mais très loin du prix d’IPO (18 EUR) et a fortiori du pic de 24,60 EUR.
- Advanced Micro Devices (+17%) : c’est AMD qui se retrouve en tête de gondole cette semaine, mais nous aurions pu citer d’autres grosses technologiques américaines, qui surfent sur la perspective d’un cycle de resserrement des taux qui pourrait s’assouplir en réponse aux déboires du secteur bancaire. Le Nasdaq a d’ailleurs fortement rebondi sur les dernières séances.
- Webuild (+13%) : le groupe de BTP italien a été dopé par des résultats 2022 en tous points positifs, avec une visibilité soutenue par un carnet de commandes d’une épaisseur hors du commun (53,4 Mds€ pour 8,2 Mds€ de chiffre d’affaires réalisé l’an dernier).
Flops
- First Republic (-66%) : la 14e banque américaine a payé au prix fort la défiance des marchés pour le secteur. Au point que onze de ses rivales, emmenées par JPMorgan Chase avec la bénédiction des autorités, se sont engagées à lui fournir 30 Mds$ pour stopper l’hémorragie et éviter au secteur une 4e faillite retentissante en un mois.
- Crédit Suisse (-26%) : la BNS a volé au secours de la seconde banque helvétique, ce qui lui a permis de rebondir de 19% jeudi. Mais le répit a été de courte durée parce que le marché n’a plus confiance dans l’établissement. Des rumeurs d’un rapprochement avec l’UBS sous la houlette de Berne ont circulé, mais la banque aux trois clefs n’a pas l’air pressée de voler au secours de sa rivale mal en point.
- Keycorp (-26%) : derrière First Republic, d’autres banques américaines sont aussi en souffrance. Keycorp en fait partie, avec un plongeon de 27% en début de semaine, atténué par des sursauts sur les séances suivantes.
- Société Générale (-18%) : la situation des bancaires européennes s’est dégradée, non seulement à cause de l’onde de choc américaine, mais aussi parce que le Crédit Suisse, l’établissement le plus malade du vieux continent, s’est effondré avant que la Banque nationale suisse ne vienne tenter de rassurer les épargnants en apportant une ligne de prêt de 50 MdsCHF.
- Shell (-13%) : le pétrole a lourdement chuté dernièrement, car les remous dans le secteur bancaire ont accentué les craintes de récession. Le baril de Brent flirte avec les 75 USD, ce qui marque une baisse de plus de 11% en un mois. Sur un an, l’or noir a perdu quasiment le quart de sa valeur.
| Matières premières | ||||
| Énergie : Le mal est fait. Même si la Banque nationale suisse a volé au secours de Crédit Suisse, ce deuxième coup de semonce en provenance du système bancaire exacerbe les craintes d’un ralentissement économique, envoyant les cours des actifs risqués au tapis, dont celui du pétrole. Un ralentissement économique est évidemment synonyme d’une moindre consommation de pétrole, expliquant l’excès de faiblesse du prix du brut en milieu de semaine. L’augmentation des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis a par ailleurs encore davantage affecté le moral des financiers. Au niveau des prix, les cours du Brent de l’Europe du nord et du WTI américain cèdent du terrain à respectivement 73 et 67 USD le baril. En Europe, le gaz naturel se stabilise autour de 43 EUR/MWh pour le benchmark néerlandais.
Métaux : Les dernières données économiques en provenance de Chine, qui prennent le pouls sur l’activité du pays au cours des deux premiers mois de l’année, sont plutôt encourageantes. La production industrielle et la consommation des ménages repartent de l’avant, après une année 2022 compliquée, complètement verrouillée par les politiques sanitaires restrictives imposées par Pékin. Toutefois, ces éléments sont pour le moment relégués au second plan en raison de la remontée des craintes de récession. Les prix des métaux de base ont perdu du terrain cette semaine. Au London Metal Exchange, la tonne de cuivre s’échange autour de 8500 USD, contre 2260 pour l’aluminium. L’or de son côté fait son come-back avec une nette remontée de pratiquement 3% sur la semaine. La relique barbare inscrit par conséquent sa troisième semaine consécutive de hausse et d’une bien belle manière puisque son cours est passé de 1815 à 1960 USD sur ce laps de temps. Produits agricoles : Les négociations sur les exportations ukrainiennes de céréales reviennent sur les tablettes des financiers. Moscou et Kiev ne s’accordent pas sur la durée de la prolongation de l’accord. Ce sera 60 jours pour la Russie avec que l’Ukraine appelle à une sécurité de 120 jours, une durée conforme aux deux précédents accords. L’incertitude monte ainsi d’un cran et cela se ressent sur les cours du blé à Chicago, qui grimpent à 705 cents le boisseau.
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