L’Enquête sur le budget ouvert (Open Budget Survey) 2025, pilotée par l’International Budget Partnership (IBP) en collaboration avec SEND Ghana, révèle une dégradation préoccupante de la gouvernance financière au Ghana. Le score de transparence budgétaire du pays a chuté de manière significative, passant de 46 % en 2023 à seulement 22 % en 2025. Cette contre-performance place désormais le Ghana nettement en deçà de la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne, établie à 38 %, signalant un recul marqué dans l’application des normes internationales de gestion des finances publiques.
La méthodologie de l’enquête, qui évalue 82 pays sur les axes de transparence, de participation publique et de mécanismes de surveillance, met en exergue une vulnérabilité structurelle. La chute drastique du score de transparence — composante la plus pondérée de l’indice — témoigne d’une érosion des flux d’informations financières accessibles au public. Cette opacité accrue entrave la capacité de la société civile et des citoyens à exercer un contrôle efficace sur les cycles budgétaires, notamment en ce qui concerne l’origine des recettes et la destination finale des dépenses publiques.
Cette rétention d’informations soulève des inquiétudes majeures quant à l’intégrité et à la responsabilité publique dans la gestion des ressources de l’État. En réduisant la visibilité sur les engagements budgétaires, le Ghana fragilise le contrat social qui lie l’administration à ses contribuables. L’absence de données exhaustives et opportunes empêche une analyse rigoureuse des priorités de dépenses, ce qui, par extension, limite la possibilité d’identifier les inefficacités ou les risques de mauvaise gestion au sein des institutions étatiques.
En somme, les résultats de l’enquête 2025 constituent un signal d’alarme pour les autorités ghanéennes concernant la nécessité de restaurer la confiance des parties prenantes. Pour redresser cette trajectoire, une révision des protocoles de publication budgétaire devient indispensable afin de garantir une transparence accrue. Le renforcement des mécanismes de surveillance et l’implication active de la société civile seront des leviers déterminants pour améliorer la reddition des comptes et assurer une gestion plus responsable et efficiente des finances publiques.
