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Tops / Flops de la semaine par Zonebourse

Les résultats trimestriels mitigés, la faible croissance économique et le regain d'inquiétudes au sujet du secteur bancaire ont pesé sur la tendance cette semaine en Europe. Malgré la résilience de Wall Street grâce à ses poids lourds, les opérateurs ont ainsi opté pour quelques prises de bénéfices, suite à la forte progression de ces dernières semaines.

par Redaction

Tops 

Software AG (+55%) : Le développeur de logiciels allemand a reçu cette semaine une offre publique d’achat de Silver Lake Management. Le capital-investisseur américain, qui a acquis 9% du capital de la société en 2022, propose aux actionnaires 30 euros par action, valorisant ainsi l’entreprise à 2,2 milliards d’euros. L’offre a été accueillie favorablement par les porteurs. Dans la foulée, Elliott Investment Management et d’autres investisseurs ont renforcé leurs positions dans le groupe.

SimCorp (+38%) : Autre développeur, autre offre. Le fournisseur danois de logiciels spécialisés dans la gestion d’actifs et la banque d’investissement, a, lui, reçu une marque d’intérêt de Deutsche Börse, l’opérateur de la Bourse de Francfort, qui veut se renforcer dans les données. Celui-ci propose 3,9 milliards d’euros pour s’emparer d’un des leaders du secteur, et ainsi concurrencer les logiciels Aladdin de BlackRock et Alto d’Amundi. Ce serait la plus grosse opération de croissance externe de l’histoire de la bourse allemande.

SES-Imagotag (+32%) : Cette belle valeur française largement présente dans les sélections de gérants spécialisés dans les valeurs moyennes depuis des années attendait une bonne nouvelle. C’est chose faite avec l’annonce des premières retombées du partenariat avec Walmart, qui va de surcroît prendre 10% du capital. Le titre s’envole sur la semaine alors que ce partenariat pourrait amener plusieurs milliards d’euros de revenus à l’entreprise sur plusieurs années, de l’aveu même de son PDG.

Embracer (+18%) : L’éditeur suédois de jeux vidéo a dévoilé vendredi dernier le second opus de son jeu d’action sur les zombies Dead Island. Dead Island 2, dont la sortie avait été repoussée, a été très largement salué par les utilisateurs, et s’est vendu à plus d’un million de copies en trois jours. Le studio, qui a multiplié les acquisitions au cours de ces dernières années, disposerait d’un pipeline de plus de 200 jeux, de quoi booster sa croissance à long terme.

Wärtsilä (+16%) : Le conglomérat finlandais, spécialisé dans les générateurs électriques et les moteurs de bateaux, a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le chiffre d’affaires gagne 19% par rapport à la même période l’an dernier, le bénéfice net s’élève à 55 millions d’euros, contre une perte nette de 143 millions d’euros l’année précédente. Le fabricant fait état d’un solide carnet de commandes et d’une belle dynamique dans sa division services. La réouverture de l’économie chinoise devrait aussi soutenir les perspectives du groupe.

Hasbro (+14%) : Le célèbre groupe américain de jeux et de jouets dévoile aussi des trimestriels meilleurs qu’attendus. Chiffre d’affaires (-14%) et bénéfice opérationnel (-85%) sont en repli, mais ont toutefois surpris le consensus. Les ventes ont été soutenues par la force des segments jeux de rôle, jeux numériques, et de la franchise des cartes Magic : The Gathering (+16%). Le fabricant, qui s’attèle à réduire ses coûts et ses niveaux de stock, a confirmé ses prévisions de ventes et de bénéfices annuels.

Chipotle (+13%) : La chaîne de fast-food spécialisée dans la cuisine tex-mex a également battu les estimations du marché. Elle tire profit de l’inflation et de l’attrait des clients à faible revenu pour signer un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 17%, et un bénéfice net en croissance de 84%. L’enseigne a aussi pu compter sur l’ouverture de 41 nouveaux magasins cette année. Une très belle remontada pour le groupe qui avait été victime d’une vague d’intoxications en 2016 et 2017 !

Atlas Copco (+12%) : Le groupe industriel suédois, actif dans les compresseurs, les matériaux de construction, et l’outillage, a affiché des résultats trimestriels solides. Le chiffre d’affaires gagne 32%, le bénéfice d’exploitation 29% et le bénéfice net 25%, et les prises de commande 18% sur la période. Le groupe, qui avait déçu les marchés au trimestre précédent, bénéficie d’un regain d’engagement. Pour rappel, l’industriel a multiplié les acquisitions au cours des derniers mois, et affiche ainsi un remarquable équilibre croissance organique / croissance externe.

Meta Platforms (+12%) : Retour en grâce pour la société-mère de Facebook et Instagram, qui a dévoilé un trimestre meilleur qu’attendu, après sa déconvenue sur la période précédente. Le groupe a notamment pu surfer sur une hausse du nombre d’utilisateurs de Facebook d’une année sur l’autre et présenté des perspectives de revenus plus élevées que prévu pour le trimestre en cours. Ces bons résultats ont soutenu le sentiment des investisseurs.

Flops

First Republic (-56%) : La banque de San Francisco reste le maillon faible du secteur aux Etats-Unis. Il se murmure d’ailleurs que les régulateurs, les politiques et les financiers américains cherchent la parade pour cautériser l’hémorragie et éviter la reprise de l’effet domino dans le secteur. First Republic, dont le cours dépassait 120 USD il y a deux mois, cote désormais moins de 7% et se montre incapable de restaurer la confiance.

Compass (-27%) : Vents contraires pour le spécialiste du courtage immobilier. Le groupe a manqué les estimations pour le trimestre en cours, et délivré des perspectives peu réjouissantes pour le suivant. Alors que le marché immobilier se contracte, le chiffre d’affaires du groupe abandonne 31% sur la période. Ses efforts de réduction des coûts n’ont pas suffit à compenser cette baisse.

Enphase Energy (-26%) : Le groupe technologique au service de l’énergie solaire a vu son titre chuter fortement cette semaine après avoir publié ses trimestriels. Si le bénéfice sur la période est meilleur qu’attendu, le chiffre d’affaires, bien qu’en hausse de 60%, et les prévisions pour le second trimestre, ont déçu. Le fabricant pâtit, depuis de le début de l’année, de la méfiance des entreprises à l’égard de l’économie et de la hausse des taux. Gardons toutefois en tête qu’il affiche un parcours boursier remarquable depuis 5 ans.

Recticel (-25%) : Gros couac pour le spécialiste belge des matériaux isolants. La vente de son activité mousse, déjà retardée en 2022, a été repoussée à la demande de l’acheteur, Carpenter, qui souhaite revoir le prix d’achat précédemment fixé à 656 millions d’euros. Le fabricant, par ailleurs en prise avec l’inflation des matériaux, la hausse des taux, et un marché de la construction incertain, signe toutefois des revenus trimestriels en hausse de 10%.

Teleperformance (-12%) : Le marché a réservé un accueil difficile à l’annonce de l’OPA amicale sur le concurrent néerlandais Majorel (dont le titre s’est à l’inverse envolé). Teleperformance paiera environ 3 Mds€, dont une part potentielle de 1 Md€ en actions. Cette part de dilution a sans doute un peu effrayé le marché. L’annonce a de plus été réalisée en parallèle de résultats trimestriels un peu quelconques. Pour autant, dans un secteur en consolidation avec le rachat de Webhelp par Concentrix, croquer un autre acteur important renforcera la position dominante du Français.

Banco Santander (-9%) : La banque espagnole continue de souffrir de son positionnement incompris. Le prêteur signe un bénéfice global en hausse et un chiffre d’affaires supérieur aux attentes pour le premier trimestre. Mais outre-Atlantique, où il est actif dans le crédit automobile « subprime », son profit est sévèrement affecté par d’importantes provisions pour défaut, dans un contexte de hausse des taux. Il pâtit également de l’échec du rachat de Banamex au Mexique, et des taxes espagnoles sur les profits exceptionnels.

Activision Blizzard (-9%) : On l’attendait, le couperet est tombé. La CMA, l’autorité britannique de la concurrence, s’est finalement opposée au rachat de l’éditeur de jeux vidéo par Microsoft pour la bagatelle de 69 milliards de dollars. Les promesses et engagements du géant n’auront pas suffi à convaincre l’institution que la fusion était bien fondée. L’acheteur annonce faire appel de la décision, Activision dit rester optimiste sur la concrétisation de l’accord, et les analystes restent positifs sur le dossier.

 

Matières premières
Energie : Les prix du baril ont baissé cette semaine, pénalisés par les craintes de récession et de ses conséquences sur la demande de pétrole. Les données économiques en provenance de l’Amérique sont mitigées et pèsent sur le cours du brut. Les financiers ont ainsi relégué au second plan la forte décrue des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis, de l’ordre de 5,1 millions de barils alors que le consensus tablait sur -1,3 million. Au niveau des prix, Les cours du Brent de l’Europe du nord et du WTI américain enregistrent par conséquent une deuxième séquence hebdomadaire baissière à respectivement 80 et 76 USD le baril.

Métaux : En perte de vitesse tout au long de la semaine, les prix des métaux de base restent pénalisés par un dollar fort et des statistiques économiques en demi-teinte. Le cuivre s’échange autour de 8500 USD la tonne métrique, contre 2300 USD pour l’aluminium. Les compagnies minières continuent à déverser leurs résultats à leurs actionnaires. On apprend donc qu’ Anglo American a augmenté sa production de cuivre de 9% au premier trimestre (en glissement annuel) tandis que les expéditions de minerai de fer de l’australien Fortescue Metals sont restées stables au cours de son troisième trimestre fiscal. Du côté des métaux précieux, l’or se stabilise sous la barre des 2000 USD l’once, tout comme l’argent à 24,80 USD.

Produits agricoles : Le Canada s’attend à une nette augmentation de sa production de blé dans la mesure où les superficies accordées à cette culture ont progressé de 6,2% par rapport à la précédente campagne. C’est dans ce contexte que les prix des céréales ont poursuivi leur décrue à Chicago. Le boisseau de maïs se traite autour de 625 cents tandis que le prix du blé a atteint son plus bas niveau depuis juillet 2021 à 628 cents.

 

Macroéconomie
Ambiance : A chacun sa banque centrale. Les statistiques américaines soufflent toujours le chaud et le froid. La confiance des consommateurs d’avril, le PIB du 1er trimestre et les ventes dans l’immobilier ancien de mars ont déçu. En revanche, les commandes de biens durables étaient bien plus robustes que prévu. En fin de semaine, l’inflation PCE était peu ou prou en ligne avec ce qui était attendu. Tous les regards sont maintenant braqués sur la décision de politique de la Fed mercredi 3 mai. Que fera-t-elle de toutes ces statistiques ? Et des craintes qui se sont ravivées sur la solidité du secteur bancaire ? Pour l’heure, le marché pronostique à plus de 80% une hausse de taux de 25 points de base. La Fed sera suivie dès le 4 mai par la BCE, qui devrait opérer le même mouvement, même si les chiffres d’inflation semblent se calmer en Europe. Ces deux rendez-vous majeurs seront cernés par de nombreuses autres statistiques, dont vous trouverez la teneur un peu plus bas.

Devises. Le yen a perdu du terrain en fin de semaine après le maintien d’une approche très souple de la Banque du Japon en matière de politique monétaire. Il a reculé à 136,1750 JPY. Le nouveau gouverneur Kazuo Ueda a préféré temporiser au lieu d’imprimer son empreinte dès son entrée en fonction. Du côté de la paire EUR/USD, les velléités de hausse de la monnaie unique se sont évaporées en fin de semaine, avec un retour sur 1,10. L’EUR/CHF évolue pour sa part à 0,9829 CHF en fin de semaine.

Taux. Les dernières données macroéconomiques ne sont pas des plus encourageantes au point que certains analystes global-macro parlent du pire des trois mondes : une inflation en hausse, un marché du travail très résilient et une croissance en berne. De là à parler de stagflation il n’y a qu’un (petit) pas. Nous nous abstiendrons de franchir le Rubicon pour le moment et considérons plutôt les données publiées : les demandes d’allocation chômage sont ressorties nettement en deçà des attentes à 230k au lieu de 248k. De son côté, le PIB américain est tombé à +1.1% en rythme annualisé contre +1.9% attendu. Enfin, l’indicateur préféré de la Fed pour évaluer le niveau d’inflation, le PCE Core déflaté est en hausse de 0.3% en rythme mensuel et de 4.6% en rythme annuel. Même si ces chiffres sont en ligne avec les attentes, il semble toujours trop tôt pour considérer que la bataille contre l’inflation est d’ores et déjà gagnée. Autrement dit, la Fed a encore du chemin à faire pour maîtriser le monstre qu’elle a elle-même créé au point que les probabilités d’une hausse de taux de 25 points de base atteignent désormais 86% selon l’outil Fedwatch du CME. De leur côté, les dépenses des ménages se sont repliées passant de +0.1% en février à 0.0% en mars. Cette contraction facilement imputable à la hausse des prix marque peut-être la fin de la période de vache grasse alimentée par les excès d’épargne liés à la période Covid.

Cryptomonnaies. Le bitcoin grimpe de 6% cette semaine et se rapproche à nouveau du seuil psychologique des 30 000 dollars à l’heure où nous écrivons ces lignes.  Ethereum, de son côté, a connu une progression nettement moins importante en affichant une légère hausse de 1,70%. Cette semaine, les yeux des crypto-investisseurs étaient encore tournés du côté des Etats-Unis où les débats pour construire un cadre réglementaire pour l’industrie restent au point mort. Coinbase a même intenté une action en justice contre la SEC afin de pousser les régulateurs à instaurer des règles claires pour les acteurs du secteur.

Calendrier. La semaine prochaine, qui commencera par un jour férié avec la plupart des places boursières européennes fermées (Angleterre, France, Allemagne..), sera chargée en événements économiques importants. Le rendez-vous majeur est prévu mercredi : la décision de la Fed sur les taux d’intérêt. Avant cela, les investisseurs surveilleront la publication de l’indice ISM manufacturier aux États-Unis (lundi), ainsi que celle de celui sur les services (mercredi), qui auront leur importance sur l’estimation de la conjoncture. La BCE va aussi se joindre à son comparable américain jeudi, précédée par la publication des données sur l’inflation en zone euro mardi. Enfin, les investisseurs seront attentifs aux chiffres mensuels de l’emploi américain vendredi, ainsi qu’aux enquêtes sur l’emploi prévues jeudi.

Mieux vaut ne pas baisser sa garde
Une semaine intense en publication de résultats d’entreprise et statistiques macroéconomiques s’achève, avec du bon et du moins bon, offrant une image contrastée de la situation économique globale. La prudence devrait rester de mise dans les séances à venir et la volatilité devrait persister, d’autant que la Réserve Fédérale rendra son verdict sur les taux mercredi prochain et que les publications de sociétés vont s’intensifier. Bon weekend à tous les investisseurs.

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