Times Square, à New York, est devenu l’épicentre des ambitions économiques africaines avec le lancement d’Unstoppable Africa 2025, le forum phare de la Global Africa Business Initiative (GABI). Organisé au Marriott Marquis, cet événement rassemble chefs d’État, dirigeants d’entreprise, investisseurs et décideurs politiques pour redéfinir le narratif économique autour du continent. Sous l’égide du secrétaire général des Nations unies António Guterres et du président de la Commission de l’Union africaine Mahmoud Ali Youssouf, ce forum précède la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU et marque un tournant stratégique : saisir des opportunités avec l’Afrique, et non plus seulement en Afrique.
Dans son allocution d’ouverture, António Guterres a rappelé que l’Afrique, avec sa population jeune, ses vastes ressources énergétiques et sa créativité dans des secteurs tels que la fintech, l’agroalimentaire et l’intelligence artificielle, constitue un moteur clé de la croissance mondiale. Il a insisté sur la nécessité de transformer ces atouts en prospérité durable, conformément aux Objectifs de développement durable, à l’Agenda 2063 et au Pacte pour l’avenir. Sanda Ojiambo, directrice générale du Pacte mondial des Nations unies, a renforcé ce message en appelant à un changement de récit et en soulignant la dynamique de collaboration impulsée par la GABI depuis sa création en 2022.
Les discussions ont mis en lumière les priorités stratégiques pour le développement du continent : amélioration de l’accès à l’énergie, accélération de la transition vers des énergies propres, modernisation des soins de santé et de l’éducation, et promotion des industries créatives et sportives. Des sessions de haut niveau ont également souligné le rôle de l’Afrique dans l’approvisionnement mondial en minéraux critiques essentiels à la transition énergétique et à l’économie numérique. Des dirigeants comme Bogolo Kenewendo et Paul Hinks ont insisté sur l’importance de développer des pôles locaux de transformation pour conserver davantage de valeur sur le continent et renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement mondiales.
La dimension économique a été renforcée par les échanges à huis clos entre les chefs d’État, les dirigeants d’entreprise et les organisations multilatérales représentant un chiffre d’affaires combiné de 22 milliards USD. Ils ont appelé à des politiques favorisant la croissance industrielle, le commerce régional et l’investissement à long terme. Alain Ebobissé, CEO d’Africa50, a exhorté les investisseurs africains à accroître leurs engagements en infrastructures, rappelant que porter de 3 % à 5 % la part de leurs actifs dédiés à ce secteur pourrait réduire significativement le déficit de financement. La deuxième journée du forum poursuit les discussions autour de l’innovation, du commerce et des opportunités d’investissement, consolidant ainsi la place de l’Afrique dans l’économie mondiale.
