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Le SILA 2026 : Quand le Sommet de l’État Célèbre l’Esprit

par Kamagaté Issouf

L’ouverture de la 16ème édition du Salon International du Livre d’Abidjan (SILA) a été marquée par une présence d’exception : celle du Président de la République, Alassane Ouattara. En s’immergeant dans les allées du Parc des Expositions aux côtés d’enfants passionnés et de grandes figures telles que l’épouse de feu Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique, le Chef de l’État a réaffirmé son attachement viscéral aux Lettres. Cette communion entre le sommet de l’exécutif et l’univers du livre envoie, selon le commissaire général Ange Félix Ndakpri, un signal puissant à toute la chaîne éditoriale, rappelant que si les infrastructures bâtissent le corps d’une nation, la culture en constitue l’âme.

Sous l’impulsion de la ministre de la Culture et présidente du salon, Françoise Remarck, cette édition a revêtu une dimension diplomatique et historique avec le Liban comme pays à l’honneur. Ce choix célèbre des relations séculaires et une résilience commune, saluée par un message d’amitié du ministre libanais Ghassan Salamé. Le salon a également été le théâtre d’un hommage vibrant à Maurice Kouakou Bandaman, ambassadeur et homme de lettres, dont l’œuvre Sœur, Esclave a été couronnée du Grand Prix national de Littérature Bernard Dadié, illustrant ainsi le rayonnement de la plume ivoirienne sur la scène internationale.

L’ambition du SILA dépasse désormais le simple cadre d’une foire commerciale pour devenir, selon ses organisateurs, le véritable carrefour de l’intelligence africaine. En redevenant un vecteur essentiel de cohésion sociale et d’éducation pour la jeunesse, le livre se repositionne au centre du débat public. Pour le parrain de la cérémonie, Ally Coulibaly, cet engagement est une nécessité historique : des racines de l’Égypte ancienne aux sociétés modernes, c’est par l’appropriation de la culture et de la lecture qu’une nation parvient à conquérir son indépendance, sa connaissance et son plein développement.

Enfin, la vitalité de cette édition se manifeste par l’éclectisme des exposants et des auteurs présents dans les stands. Au-delà des écrivains classiques, le salon attire désormais des footballeurs, des acteurs de cinéma, des artistes chanteurs et des journalistes, prouvant que le livre est un espace de dialogue universel. Cette mixité des profils témoigne d’une Côte d’Ivoire qui gagne par son savoir-faire et son savoir-être, transformant chaque page tournée en un acte de construction nationale et chaque rencontre littéraire en une promesse d’avenir pour les générations futures.

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