Dans la nuit du samedi au dimanche 6 septembre 2026, un sinistre d’une ampleur exceptionnelle a frappé les infrastructures de la Société des transports abidjanais (SOTRA). Un incendie d’une rare intensité s’est déclaré au sein du dépôt 5, situé dans la commune de Koumassi, ravageant une part significative de la flotte. Si cet événement majeur n’a heureusement causé aucune perte en vie humaine, il ampute lourdement les capacités opérationnelles du réseau de transport public et prive la capitale économique ivoirienne d’une flotte essentielle à sa mobilité urbaine.
D’un point de vue technique et chronologique, le départ de feu a été identifié aux alentours de 02 heures (GMT). Selon les premiers éléments de l’investigation, l’incendie aurait pris naissance sur un autobus en stationnement alors même qu’il subissait des opérations de maintenance. La configuration du site et la proximité immédiate des autres véhicules ont agi comme des facteurs aggravants de vulnérabilité, favorisant une propagation thermique fulgurante aux unités voisines avant que les mesures de confinement initiales ne puissent être mises en œuvre.
Face à la violence du brasier, le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM) a déployé un dispositif d’intervention d’urgence massif pour circonscrire l’incendie et éviter la destruction totale des installations. Malgré la rapidité de l’intervention, le bilan matériel dressé est particulièrement lourd : 55 autobus ont été directement impactés par les flammes. Parmi ceux-ci, 40 véhicules ont été entièrement calcinés, ne laissant derrière eux que des carcasses métalliques irrécupérables.
Au-delà de la gestion de crise immédiate, ce nouvel incident soulève de profondes interrogations d’ordre sécuritaire et structurel. Le nombre alarmant d’autobus de la SOTRA détruits par les flammes au cours de l’année 2025 et 2026 génère des suspicions légitimes (20 octobre 2025 : Un incendie s’était déclaré sur un site de réparation de la société, détruisant cette fois-là 13 autobus; Novembre 2025 : Un incendie avait ravagé 19 autobus au dépôt 9 d’Abobo, dans le nord d’Abidjan). Quant à l’origine de ces sinistres à répétition. Qu’il s’agisse de défaillances systémiques dans les protocoles de sécurité et de maintenance, de défauts inhérents au matériel roulant, ou de possibles actes de malveillance, cette série destructrice exige désormais des réponses claires pour démasquer ce qui se cache réellement derrière ces mystérieux incendies.
