Afreximbank et le Centre botswanais de l’investissement et du commerce (BITC) ont officiellement dévoilé les détails du Forum sur la conformité 2026, le plus grand rassemblement du continent consacré à cette thématique stratégique. Organisé du 16 au 18 novembre 2026 à Gaborone sous le thème « Une meilleure conformité – un meilleur commerce », cet événement réunira un pôle exceptionnel d’experts, de gouverneurs et de décideurs venus d’institutions majeures comme la Commission de l’Union Africaine, la Banque du Botswana, Standard Chartered ou Dow Jones. Ensemble, ils aborderont les défis urgents qui entravent l’économie africaine, notamment la fragmentation réglementaire, la cybersécurité, les sanctions et les restrictions d’accès à la correspondance bancaire.
L’objectif central de cette rencontre est d’harmoniser les pratiques tout en respectant les spécificités de chaque Nation afin de débloquer le potentiel du commerce transfrontalier. Soulignant cet enjeu de souveraineté et d’interopérabilité, Idrissa Diop, Directeur de la conformité d’Afreximbank, affirme : « L’Afrique n’a pas besoin d’une uniformité à tout prix. Elle a besoin d’interopérabilité pour réduire les frictions tout en préservant la souveraineté réglementaire de chaque pays. » Cette démarche vise à bâtir des cadres juridiques et prudentiels solides, capables de rassurer les partenaires internationaux et de stimuler les flux économiques intra-africains.
Parmi les chantiers prioritaires figure la résolution des difficultés d’accès aux services de correspondance bancaire, un obstacle persistant pour de nombreuses institutions financières du continent. Pour surmonter ce frein, la transparence sur les flux de paiements s’impose comme un levier fondamental de gestion des risques. Luis Koberg, fondateur et Directeur général de Klearium Group, précise à ce sujet : « De nombreuses banques africaines continuent de se heurter à des obstacles dans l’accès aux services bancaires correspondants. Les explications avancées négligent souvent un défi fondamental : le manque de visibilité sur l’ensemble de la chaîne de paiement. »
L’intégration des nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle, l’automatisation et les solutions fintech, sera également au cœur des démonstrations et des débats. Ces innovations offrent une occasion inédite de renforcer la détection des risques et la lutte contre le blanchiment d’argent, tout en favorisant une inclusion financière plus large grâce à une approche personnalisée des risques. Sophie Barre, Responsable mondiale des risques et de la conformité chez Wave Mobile Money, rappelle l’impact positif de ces solutions : « En associant des technologies de pointe à des mécanismes intelligents d’intégration des clients […], les fintechs peuvent proposer des services abordables, simples et fiables dans un cadre conforme aux exigences réglementaires. »
Face à la montée des cybermenaces et à l’évolution constante des normes internationales, ce forum s’impose comme une plateforme d’action essentielle pour l’avenir financier du continent. En permettant de concilier exigences réglementaires strictes et impératifs de développement économique, le Forum ACF2026 ambitionne de transformer des principes théoriques en coopérations opérationnelles durables. À Gaborone, les acteurs publics et privés s’attacheront ainsi à poser les bases d’un écosystème financier africain modernisé, protecteur des institutions et pleinement moteur de l’intégration régionale.
