Il n’était venu ni pour animer un panel inaugural ni pour prononcer un discours officiel, mais pour occuper la tête d’affiche d’une œuvre cinématographique majeure. Projeté le 6 novembre 2026 à Lagos dans le cadre du Creative Africa Nexus (CANEX WKND 2026), le film documentaire de 90 minutes intitulé « The Lion Speaks » retrace la vie, la carrière professionnelle et les réformes structurantes menées par le professeur Benedict Oramah à la tête de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). À travers les témoignages d’impact de ses actions et des confidences intimes livrées par ses proches, ce long-métrage illustre deux décennies d’engagement et de transformation au sein de cette institution financière panafricaine, couvrant la période de 2005 à 2025.
Au-delà du portrait individuel, l’œuvre soulève une interrogation fondamentale : l’Afrique doit-elle continuer à subir des règles économiques dictées par d’autres ? Le film démontre qu’une alternative existe et qu’il est urgent pour le continent de prendre les commandes de son propre développement en finançant lui-même ses priorités majeures.
Benedict Oramah y livre une analyse lucide et sans complaisance sur les freins qui entravent la croissance africaine. Portant un regard critique sur le fonctionnement des économies du continent, l’ancien dirigeant avertit que « certaines difficultés que nous observons dans notre quotidien sont, en réalité, auto-infligées », appelant ainsi à une prise de conscience collective.
Loin des incantations politiques, l’ancien président d’Afreximbank insiste sur une souveraineté concrète et pragmatique. Selon lui, le continent possède toutes les ressources nécessaires ; l’enjeu crucial réside désormais dans la capacité des acteurs locaux à maîtriser leurs propres outils financiers pour transformer ce potentiel en véritable levier de croissance.
En plaçant ce documentaire au cœur du CANEX WKND 2026, l’événement démontre que la culture et la finance peuvent s’allier pour éveiller les consciences. « The Lion Speaks » ne se contente pas d’honorer deux décennies de leadership, il s’impose comme un manifeste visuel pour la réappropriation du destin économique de l’Afrique.
