Lors de la table ronde intitulée « Un marché, une culture : bâtir l’économie créative », des figures de premier plan telles que Wole Soyinka, prix Nobel de littérature, Ginger Moxey, ministre bahamienne, Benedict Murray-Bruce, fondateur de Silverbird, et Nathalie Kouassi Akon, représentant la Société financière internationale (IFC), ont examiné les freins, avancées et opportunités du secteur créatif afin d’en faire un modèle économique pérenne.
Intervenant sur les conditions d’émergence artistique, Wole Soyinka a rappelé que l’art nécessite un climat de liberté politique. Ayant traversé l’époque militaire où la création était entravée, il a souligné que la démocratie constitue le socle indispensable à l’expression artistique en Afrique, insistant sur le fait que la créativité ne saurait prospérer dans l’uniformité.
Abordant la valorisation du travail artistique, Nathalie Kouassi Akon a mis en avant quatre piliers stratégiques pour structurer l’écosystème entrepreneurial. Le premier réside dans la visibilité, démultipliée aujourd’hui par les opportunités technologiques permettant d’accéder à l’information et d’identifier les besoins du marché.
Le deuxième pilier repose sur l’équité réglementaire, environnementale, logistique et l’accès à l’économie, tandis que le troisième met l’accent sur la connexion indispensable entre les artistes et le marché. Enfin, le quatrième pilier concerne l’éducation des institutions financières pour mieux appréhender les risques liés aux droits et encourager l’intégration des créateurs.
Cette convergence de vues entre le monde intellectuel et la sphère financière illustre la nécessité de doter l’industrie créative africaine d’outils institutionnels et économiques solides. En combinant liberté démocratique, soutien réglementaire et financement adapté, le secteur culturel s’affirme comme un véritable levier de croissance et de richesse pour les générations futures.
